L'oeil dans sa poche numéro 05
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

ANNICK PICCHIO

artiste

CONTACT

tél. 04 77 25 59 15
mail : annick.pichhio@wanadoo.fr
http//picchio.eklablog.com

FORMATION

Maîtrise d’Arts Plastiques, Université Jean Monnet Saint-Etienne.

INFLUENCES

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Tout peut nous nourrir : des rencontres, des lectures, le travail des artistes, quelle que soit leur discipline, des matières, des odeurs...
Tout est matière à travail, je ne suis jamais en vacances.
Tout m’intéresse, de la culture des graffeurs à la mamie qui fait du tricot. Chaque technique peut amener quelque chose.

 

MON PARCOURS

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Mes installations sont des fictions, j’invente un personnage féminin et son univers.

Tout le travail consiste à trouver les moyens plastiques de traduire les sentiments de cette femme et son rapport au monde.

Mes installations fonctionnent souvent comme des fables, elles permettent différents niveaux de lectures.
Certaines personnes vont entrer complètement dans l’histoire, d’autres vont être plus sensibles à l’aspect formel de l’installation.

Cette histoire que j’invente n’est pas écrite, c’est l’installation qui va l’écrire dans l’imaginaire des spectateurs.

Les femmes qui sont à l’origine de mes installations sont plus ou moins sœurs d’un même conte.

J’imagine qu’elles sont issues d’univers qui se répondent ou se contredisent.

J’aimerais que le spectateur qui traverse ces installations traverse une grande histoire dont le point commun est la féminité.

 

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Je revisite les mythologies et les poncifs qui concernent l’idée du féminin.

Dans mes deux dernières installations, la “Chambre de la mariée” et le “Jardin de Rouge Gentille” que je prépare en ce moment, deux archétypes féminins s’opposent : la figure de la mariée qui est dans l’attente et la figure de la séductrice.

Je m’intéresse à la façon dont tous ces clichés continuent à exister aujourd’hui, alors que la féminité est protéiforme.
Qu’est-ce que cette idée de l’Eternel Féminin ?
Qu’est-ce que le clivage féminin/masculin ?

Il y a beaucoup de ruptures dans mon travail, j’aime ne pas être là où l’on m’attend. Jusqu’à présent, j’avais travaillé le blanc, je travaille maintenant le rouge, par rapport la personnalité de cette nouvelle femme.

Je crée aussi des liens entre mes installations : à l’intérieur de cette fiction autour de la mariée, il y avait une écharpe rouge qui signalait que quelque chose allait se passer.

Ce nouveau personnage,“Rouge Gentille”, se déploie dans l’univers de la passion. L’installation présente les traces de cette femme.

Les spectateurs vont rentrer dans son univers comme s’ils rentraient chez quelqu’un qui s’est absenté.

J’ai eu besoin de mettre en scène différentes matières : de la dentelle, de la céramique, une création sonore, des parfums....

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Le projet commence par l’histoire.

Ensuite, je cherche les lieux qui pourraient correspondre.

Un réel travail d’atelier commence : il faut construire les éléments de la fiction, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce passage mystérieux qui fait que le travail est fini.

Tout est dans le ressenti, il arrive un moment où la fabrication s’arrête parce que je SAIS que le lieu sera plein.

Le moment de la rencontre entre les objets produits et le lieu est magique. Quelque chose de nouveau va encore se passer.

Comme pour une rencontre qu’on a longtemps imaginé, il faut réajuster, il faut trouver une harmonie.
Il y a encore un travail de création pour que le lieu soit habité et que tout fonctionne, pour que la présence de cette personne soit indiscutable.
Il faut que l’histoire que j’amène s’impose au lieu par tout un travail d’agencement.

L’architecture du lieu détermine l’installation qui s’adaptera par la suite à d’autres lieux.

Ces mouvements ressemblent à des déménagements : il faut toujours trouver une nouvelle place pour nos meubles. L’installation doit être vivante, organique.

 

PRODUCTION

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J’ai toujours été en contact avec le monde du théâtre et l’idée de scénographie a toujours été un élément moteur dans mon travail.

Pendant mes études, j’étais à cheval entre le théâtre et les arts.
Après mes études, j’ai beaucoup voyager.
Il fallait que j’aille en Syrie, voir l’origine de l’écrit et l’origine de notre civilisation judéo-chrétienne.
L’écriture était une matière constante de mon travail en peinture.

Ma rencontre avec Louise Bourgeois chez elle à New-York a énormément compté. J’ai compris qu’on pouvait être artiste, femme, mère, vieille.... Tout en même temps.

J’ai compris que rien n’était séparé, qu’il n’y avait pas de domaine privé, que la vie était le moteur de la création.

Tout est relié, tout se fait et se défait, la tristesse, l’amour ,la joie, les enfants, le passé, le futur.... Tout se tricote dans un même endroit.

Je m’ennuyais un peu en peinture et cette rencontre est arrivée à un moment charnière.

J’ai accepté que le théâtre et la littérature rentrent DANS mon travail au lieu de travailler POUR le théatre.

 

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Le fil conducteur de toute cette grande fiction qui prend la forme d’installations est l’absence. Je ne souhaite pas que le personnage de la femme soit incarnée.

Mon travail se différencie en cela de la mise en scène qui est un énorme travail sur un texte par la direction d’acteur.

Mon installation “ les Grandes Demoiselles” au Musée de la Mine de Saint-Etienne est partie de mon désir par rapport au lieu.

Je me suis ensuite beaucoup documentée, j’ai vu des films, j’ai rencontré des personnes, et les “Grandes Demoiselles” sont nées.

Mon travail a toujours été un mélange.
J’ai toujours travaillé avec des musiciens, des danseurs...
Chaque discipline a quelque chose à apporter à l’autre, je me nourris de ces mélanges.

Pour le “jardin de Rouge Gentille”, je travaille avec un éclairagiste et avec un ferronnier d’art qui crée les structures de mes sculptures.

Je travaille aussi avec des musiciens, Fisto et Obstynato, qui créent l’ambiance sonore de mes installations.
Avec eux, c’est une histoire de confiance.
Je leur présente mon projet, je leur fait écouter quelques morceaux.
Je précise la forme musicale que j’imagine : une boucle, quelque chose de lancinant par exemple.

Ajouté à mon histoire, leur univers sonore crée une rencontre.

 

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Ce qui m’intéressait dans l’Atelier Favier était la lumière, extraordinaire, et l’ immensité du mur de 7 mètres de haut par 8 mètres de long qui permettait un déroulement des talismans.

Les talismans fonctionnaient alors comme un poème archaïque, comme une écriture primaire sur le mur.
Comme si la mariée collait ses talismans, ses fétiches pour exorciser l’attente journalière de l’homme qui vient ou qui ne vient pas.

La salle du haut, minuscule, avec un plafond très bas permettait le recouvrement total de la pièce avec du papier cousu.
Le fait que ces deux lieux soient séparés et qu’il y ait énormément de vide et de lumière entre eux m’intéressait.

Le choix des matériaux pour cette installation était guidé par ce personnage de mariée : il fallait des matériaux simples, proches de la nature. J’ai un rapport aux matériaux comparable à celui des enfants. Je suis ma capacité à l’émerveillement.

Après l’exposition les installations sont démontées et peuvent être installées ailleurs. Elles peuvent être mélangées et former de nouvelles histoires.

Le plus agréable est la recherche, la création.

Le plus contraignant est la recherche de contacts et de lieux d’exposition. C’est un travail difficile qu’il faut faire en permanence, pour exposer des installations qui ont déjà été montré, pour exposer celles qui sont en cours et celles qui ne sont encore que des concepts.

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