L'oeil dans sa poche numéro 10
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

BLANDINE LEROUDIER

créatrice

CONTACT

blandineleroudier@gmail.com 06 14 56 40 17
céramique et textile : http://blandineleroudier.over-blog.com
peinture : http://www.43art.com
Points de vente :
A Saint-Étienne, L’Atelier du coin 11 rue Salengro, Ma Boutic, 2 rue de la condition, La Belle Histoire, 37 rue Gambetta
A Annecy, La Petite Fabrique, 1 rue Camille Dunant
A Paris, Exquisautoir, 59 avenue de la Motte-Picquet
A Lyon, L’utile et l’agréable, 74 cours du docteur Long

FORMATION

Maîtrise de lettres modernes

INFLUENCES

Je suis sensible à un certain réalisme. En littérature, Émile Zola ou Russel Banks sont des auteurs qui me touchent. J’aime aussi beaucoup le travail d’Ariane Mnouchkine sur ce qui est vrai, sur le quotidien des gens. L’idée de pouvoir tout dire, sans chercher à masquer la réalité... Tout dire et tout entendre.
Par ailleurs, j’aime aussi profondément la poésie et l’onirisme de l’univers de Miyasaki. La recherche du beau, d’une forme de simplification et de sublimation du réel. En peinture, je suis très sensible aux œuvres de Tamara Lempicka, Georgia O’Keefe, Nicolas de Stael et Mark Rothko.

 

MON PARCOURS

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Mon parcours est un peu compliqué.
J’ai d’abord enseigné le français à des étrangers pendant dix ans, travail que j’aimais mais qui manquait d’une dimension manuelle.

Je peins depuis quinze ans sans avoir, au début, penser en faire mon métier.
A l’époque, je n’avais pas envie d’avoir à faire de compromis, d’avoir à me demander si ce que je faisais était bien ou pas. Je peignais de manière totalement instinctive...

Le fait de gagner ma vie autrement, me permettait de créer très librement. J’ai fait une dizaine d’expositions de mes toiles ( Paris, Bergame, Milan, St Etienne, Lyon, Annecy).

Petit à petit, la nécessité de travailler dans la création s’est imposée. J’ai eu envie de me pencher sur quelque chose de désacralisé par rapport à la toile.

Créer des pièces qui se vendent moins cher et qui, de ce fait, trouvent plus facilement une existence chez les gens.

Ce sont aussi des objets plus légers, plus informels, et plus fonctionnels.

J’ai commencé à peindre sur du textile. C’est une démarche très différente de que ce que je faisais sur mes toiles. J’ai réalisé de nombreux T-shirts pour enfants (une série sur les phobies alimentaires, et l’autre basée sur des expressions idiomatiques)

 

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La légèreté de ton que l’on peut avoir sur des objets artisanaux m’intéresse.

J’ai ensuite dessiné sur la vaisselle d’Élodie Bouësnard dont j’aime beaucoup le travail.

Pendant un an, j’ai travaillé à ses côtés, ce qui me convenait tout à fait.

J’ai pu apprendre de manière expérimentale tout en lui demandant conseil quand je me trouvais face à une difficulté technique.

Travailler sur des objets produits par une autre personne finissait par être contraignant, j’ai eu envie de prendre mon autonomie.

Quand j’ai réalisé mes premiers objets, j’ai choisi de mouler des fruits et légumes, et de les peupler de petits insectes.

J’ai fabriqué des moules en plâtre en essayant différents légumes : avocat, pâtisson, ananas, courge, aubergine...

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Réalisation d’un motif à l’intérieur d’un "pâtisson" :

Pour le dessin, j’utilise un crayon spécial pour la céramique qui me permet d’avoir une partie graphique en plus du travail au pinceau.

Je peins avec des émaux Duncan qui ne s’utilisent pas du tout comme de la peinture acrylique sur une toile.

Le "biscuit"(première cuisson avant émaillage) boit beaucoup, on n’a pas la possibilité de revenir sur ce qui est peint.

Je dessine des oiseaux et des insectes, peut-être pour "humaniser" la vaisselle, pour la rendre plus vivante.

J’aime que ce soit à la fois drôle, ludique, poétique et peut-être un peu dérangeant... comme le fait de voir apparaître un insecte au fond de la tasse dans laquelle on a bu son café.

 

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L’évolution de mon travail se fait de façon aléatoire, au gré des rencontres et de mes envies.

Je ne m’interdis rien, même si je sais que le fait de travailler à cheval sur trois disciplines est un peu curieux.

Peindre sur du textile est encore autre chose, il faut apprivoiser la résistance des tissus.

En décembre dernier, pour une exposition collective sur le thème des années 70, j’ai eu envie de faire une série sur des vêtements vintage.

J’ai eu des difficultés techniques, mais cela m’a beaucoup amusé.

J’aime l’idée que mes drôles d’oiseaux se baladent dans la ville. C’est une forme de Street Art... J’aime que les gens les voient, du coin de l’oeil, et qu’ils sourient... C’est comme une parenthèse onirique.

 

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J’aimerais faire de la vaisselle politique.
Il y a des sujets qui me tiennent à cœur comme le féminisme ; Défendre certaines causes ou dénoncer les travers de notre société.

Il faut que je trouve une manière de le faire, que l’objet qui supporte l’image soit suffisamment grand etc...

Je réfléchis au fait de travailler avec certaines associations. Tout cela est en cours de maturation.

J’ai fait une série de dessins que je vais réaliser sur de la vaisselle.

Cette série met en scène des situations où le rôle de la femme et de l’homme sont inversés.

Et comme par miracle, cela devient choquant et dérangeant... Il y a tant de choses qui ont été banalisées, alors qu’elles sont injustes.

Des hommes battus par leurs épouses, des hommes qui rasent les murs pour ne pas être interpelés par des femmes dans la rue, des hommes dénudés sur des publicités pour faire vendre des voitures ou des abonnements Internet... des hommes que l’on soupçonne d’avoir une liaison avec la patronne parce qu’ils ont un poste à responsabilités....

Il y a tant à dire sur le sujet.

 

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J’ai besoin de continuer mon travail en peinture même si j’ai moins le temps de le faire.

Mon travail était plus figuratif au début. Depuis un certain temps ( presque deux ou trois ans) mon sujet récurent est l’horizon. Le ciel est souvent sombre, le sol est à la fois lourd et très présent. Il est toujours travaillé à la spatule.

Ce qui me plaît dans la peinture est le fait de ne plus réfléchir, de me trouver face à la couleur et à la matière. C’est un peu comme si j’étais une somnambule, c’est l’inconscient qui parle.

Il y a toujours un moment où je sens que le travail pictural est fini, que l’équilibre est atteint. Je laisse alors reposer quelques jours, puis je vernis.

Le plus agréable dans ce travail est que c’est une réalisation de soi-même très forte. J’aime profondément ce quotidien, fait d’invention, de création et de production. Je ne changerais pour rien au monde.

Les contraintes...
J’ai acheté un four, mais il me faudrait un espace de travail plus grand. Le fait de créer sur des supports multiples complique l’installation des zones de travail. Mais, "tout vient à point à qui sait attendre".

Et aussi le fait d’être à son compte est très agréable, mais tout repose sur mon énergie de travail. Il n’y a pas vraiment de filet de secours. C’est un peu angoissant parfois...

  • BLANDINE LEROUDIER - créatrice
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