L'oeil dans sa poche numéro 07
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

CAMILLE JOURDY

auteur, illustratrice

CONTACT

http://camillejourdy.canalblog.com
mail:camillejourdy@yahoo.fr
tel:06 24 97 75 26

FORMATION

Ecole des Beaux-arts d’Epinal et Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg

INFLUENCES

"

Je me sens autant influencée par la littérature, le cinéma et les livres de mon enfance que par la bd.

 

MON PARCOURS

"

J’aime dessiner et raconter des histoires, que ce soit en illustration ou en bd.
La forme dépend de ce que j’ai envie de raconter.

J’ai eu la chance de pouvoir faire éditer mon projet de diplôme des Beaux-arts d’Epinal.
Je participais à mon premier salon du livre avec l’Ecole, nous avions un stand où nous montrions nos travaux de diplôme.
J’ai montré la maquette de mon premier livre à un petit éditeur qui était à côté de nous pour avoir son avis.
Il m’a dit qu’il était intéressé pour l’éditer.

Ce genre de chose est encourageant bien sûr, et le fait qu’un premier livre circule en librairie m’a ouvert des portes.

Peu de temps après, j’ai eu une proposition pour illustrer un album jeunesse.

Je présentais ce livre dans différents salons du livre, je faisais des rencontres... On a alors un peu “un pied dans le milieu”.

Mes trois livres en tant qu’auteur-illustrateur,
“Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie !”
“Séraphine”
“Peau d’ours” et
“Rosalie Blum” correspondent à mes projets de diplôme aux Arts Décoratifs de Strasbourg.

 

"

La trilogie de Rosalie Blum m’a pris quatre ans, entrecoupé d’autres travaux d’illustration.

J’ai mis deux ans et demi à faire les dessins des trois tomes et cela faisait un moment que je notais des idées et que je travaillais sur l’histoire.

J’ai toujours un petit carnet dans lequel je note des idées, des envies : cela peut-être des lieux ou des détails.
J’essaie de noter des “ingrédients”.

Quand je veux écrire l’histoire, je relis toutes ces notes et j’essaie de dégager une idée principale,un fil conducteur.

Pour Rosalie Blum, l’idée principale était un personnage qui en suit un autre et qui lui-même se fera suivre à son tour.

Les histoires viennent de ma capacité à rêvasser :
j’habite Strasbourg, je vais dans une épicerie et je me mets à imaginer que je pourrais avoir l’impression d’avoir vu la caissière quelque part, que je pourrais avoir envie de la suivre.

J’imagine que cette idée pourrait faire une histoire.

Il faut ensuite étoffer cette histoire petit à petit ;
Il faut construire les personnages, leur donner un caractère etc.

 

ÉTAPES DE FABRICATION

"

Mise en couleur d’un dessin à l’aquarelle :

Je commence souvent par le fond ou par les couleurs que je connais déjà.

Je choisis les nouvelles couleurs en fonction des couleurs qui reviennent dans chaque case, comme les couleurs des vêtements des personnages.

J’aime faire la mise en couleur au pinceau, j’ai l’impression de faire du coloriage.

Je pourrais travailler à l’ordinateur, mais il y a trop de choix : en deux secondes, un jaune peut devenir un rouge, pour moi qui suis très indécise dans la vie, c’est affreux !

Avec l’aquarelle, une fois que je pose une couleur, c’est fait, même si c’est plus difficile pour l’éditeur de saisir certaines couleurs.

 

PRODUCTION

"

C’est important pour moi de connaitre les personnages au-delà de ce que je raconte dans la bd.

Pour chaque personnage, il faut que je sache quelle vie il a : quelle enfance il a eu, quels ont été ces rapports avec ces parents, qu’est-ce qu’il aime, qu’est-ce qu’il fait dans sa vie, est-ce qu’il a des copains, dans quel genre d’appartement il vit etc.

Au bout d’un moment, il finit par exister.

Le personnage de Vincent était un peu creux au départ, j’ai eu envie de lui donner un cousin et un passe temps pour l’étoffer un peu.

J’ai besoin de dessiner les personnages et les lieux en même temps que je construis le story-board de l’histoire.

Ensuite, je fais un brouillon de la bd, pour pouvoir le faire lire, avoir des conseils, et pour mieux voir ou je vais.

Je travaille essentiellement d’après photo.

Pour les décors de Rosalie Blum, j’ai pris beaucoup de photos de Dole, ma ville natale.

 

"

En BD, le temps est de l’espace :
si une scène est longue, elle prendra plus de pages.
Si l’action est rapide, ça ne sert à rien de faire des grandes cases.

Mais, s’il on veut arrêter le temps, il faut faire une grande case, voire prendre toute la page.

Le choix du cadrage est intuitif, je crois qu’il dépend de l’importance que l’on veut donner à l’action.

Le moment le plus passionnant mais aussi le plus éprouvant est la construction de l’histoire.

Ensuite, la concentration va décrescendo : le découpage des scènes, les crayonnés, enfin l’encrage qui consiste à repasser les crayonnés à l’encre sur la table lumineuse.

Le moment de la mise en couleur est vraiment agréable.
Quand j’ai beaucoup de planches en noir et blanc à mettre en couleur, c’est la récréation !

J’aime bien dessiner des petits objets, ces natures mortes contribuent à donner l’ambiance et la personnalité des personnages.

Les personnages sont tous inventés, on me demande souvent si Rosalie Blum est une histoire autobiographique, ce qui n’est pas du tout le cas.

 

"

Ce qui m’intéresse ce sont les rapports humains, les sentiments.

J’aime travailler sur les relations entre les personnages, sur leur psychologie.

J’aime que les lecteurs ressentent par les détails les ambiances que j’ai voulu montrer.

Pour moi, Rosalie est un personnage qui s’est un peu arrêté dans la vie, c’était important de lui donner une maison qui avait les couleurs des années 80, du carrelage marron dans la cuisine par exemple.
Chez le cousin, qui est un personnage plus jeune mais qui n’a pas trop d’argent, on verra un vieux canapé avec une tenture un peu hippie...

Je suis contente d’avoir fini cette trilogie mais j’ai très peur de ne pas réussir à écrire une autre histoire, même si j’en ai très envie.
Il faut donner tellement de soi dans ce travail que c’est parfois un peu dur.

Ce qui est le plus agréable est d’être à mon compte, de travailler chez moi.
C’est une liberté immense, je travaille comme j’en ai envie.

Ce qui est contraignant est que ce travail est incertain financièrement.

  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice
  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice
  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice
  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice
  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice
  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice
  • CAMILLE JOURDY - auteur, illustratrice