L'oeil dans sa poche numéro 11
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

CATHERINE CHANTELOUBE

artiste plasticienne

CONTACT

http://www.catherinechanteloube.fr

FORMATION

DEA d’Arts Plastiques, université Jean Monnet, Saint-Etienne-Paris VIII

INFLUENCES

Delacroix, Matisse, Giono, Dhôtel, la culture japonaise.

La rencontre avec le travail d’Odon a été très importante.
Il tresse des bandes de papier préalablement peintes.
Ces pièces peuvent être immenses. Les tresses peuvent s’arrêter ou s’allonger encore, j’aime penser qu’un travail artistique puisse s’arrêter ou continuer infiniment.

C’est un travail très beau et très intéressant qui m’a donné "une grande claque".

 

MON PARCOURS

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J’ai passé un DEA d’Arts Plastiques à Saint-Étienne, je fais partie de la première génération de cette fac.

Je n’ai pas voulu me diriger vers l’enseignement à vingt ans, un professeur m’avait dit que si j’avais des comptes à régler avec la peinture, c’était maintenant.

Je m’étais engagée dans un travail de thèse que je n’ai pas poursuivi

A l’époque, je faisais de grandes toiles avec des superpositions de glacis colorés que j’appelais des murs. Il s’agissait de lumière (déjà !) et de vibrations de couleurs. J’ai aussi beaucoup travaillé sur le paysage.

J’ai appris la gravure pendant un an à Paris. Cette période a été très enrichissante, j’ai pu voir plein d’expositions. J’allais dessiner au Louvre et au jardin des plantes quand j’avais besoin de nature. Je faisais des petits formats faute de place.

L’endroit où l’on travaille influence ce que l’on fait.

Puis, je suis revenue à Roanne, ma région d’origine.

A partir de ce moment-là, ce sont les végétaux qui ont pris le dessus.

La cueillette, l’observation, le séchage... Je réalisais des peintures à partir de mises en scènes de ces végétaux en cherchant une relation intéressante entre la plante et son ombre portée.

 

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« sortir du cadre »

Je contournais déjà les limites rectangulaires du tableau en peignant sur une grande toile préparée sur le mur. J’investissais un endroit en peinture et ensuite, je découpais ma toile.

J’avais besoin aussi de travailler avec moins de moyens, d’avoir moins de temps de mise en œuvre et de rangements. Sans compter la nécessité de passer chez le menuisier, chez l’encadreur…

Avec mes sculptures, je suis à l’aise. J’arrive à l’atelier, je prends mes aiguilles et j’attaque !

Je ne savais pas comment commencer ; j’ai d’abord brodé sur la toile que j’utilisais en peinture, en travaillant ton sur ton comme un glacis. Mais ça n’allait pas. Je suis allée acheter 40 mètres de toile métisse lin/coton chez un tapissier et j’ai taillé dedans. Le début de l’aventure.

Quand j’ai commencé à travailler avec du tissu je me suis sentie devant un infini des possibles.

N’avoir besoin que d’épingles et de tissu pour faire son travail est un vrai bonheur, c’est une activité qu’on peut presque faire n’importe où, même si je travaille essentiellement à l’atelier.

Peut-être que mon travail se rapproche de la poésie. Je préfère mettre de côté la dureté de la vie. Je me concentre sur le beau, humblement.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Installation d’un nautile :

J’aime que le procédé soit simple.

La singalette, amidonnée industriellement, est un tissu qui a une mémoire, c’est-à-dire qu’il conserve la trace des plis qu’on lui a fait subir.

Pour la série des « Nautiles et ammonites », c’est l’idée du squelette externe, comme les crevettes, qui m’intéressait.

Le nautile est une bande de tissu que je plie. J’arrête chaque pli par une couture à la main, sur les côtés.

Quand la bande de tissu est complètement plissée, je la déroule et la spirale se fait toute seule.

J’ai fait cinq formes de nautiles différentes.

Chaque nautile est suspendu grâce à un fil de pêche.

Quand la centaine de Nautiles est installée, les spectateurs me disent qu’ils ont plus envie de nager que de marcher dans cet espace !

 

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Soit c’est l’idée qui implique l’utilisation d’un matériau, soit c’est l’inverse : en ayant un tissu dans les mains, je me dis "je peux faire ça". C’est ce qui rend le travail passionnant.

J’ai la chance d’habiter dans une région où l’on trouve encore des entreprises textiles dont une qui a des tissus exceptionnels (pour moi), des tissus dans les tons de blancs, certains sont très fins, il y a de tout, des baptistes, des calicots, des tissus alimentaires, pour la haute couture.....

Le fait que les matières soient naturelles est très important. Je sais comment elles réagissent. Je fais une expo avec un fer à repasser !

Le synthétique peut m’intéresser mais plutôt sur des projets particuliers. J’ai par exemple envie de travailler de la voile de parapente pour faire quelque chose avec le vent.

Je travaille avec des matériaux cellulosiques, ils sont vivants.

Pour la série des pétales, j’installe en cascade une cinquantaine de pièces de tissu coupés en forme de pétale, chaque pétale est suspendu à un fil.

Les pétales se ferment ou s’ouvrent selon le taux d’humidité du lieu d’exposition.

 

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Chaque pièce m’amène à utiliser différemment les matériaux. L’amidon que j’utilise pour rigidifier les tissus peut me servir de colle sur d’autres projets.

J’essaie de mettre le moins possible de choses, il faut que, techniquement, ce soit simple.

Le résultat a l’air fragile, mais certaines pièces ont fait de nombreuses expositions. Je sais qu’elles ont été touchées, parce que c’est du tissu et de la sculpture. Avec le tissu, le public a un rapport charnel…on ne peut s’empêcher de toucher !

L’installation des pièces est la seconde phase de mon travail. Elle est très importante. Il faut s’approprier l’espace et en tirer parti, il y a un côté spectaculaire au final.

Ces pièces ont souvent besoin d’un éclairage particulier.

La lumière dans mon travail est, depuis toujours, omniprésente : ombres portées, lumière naturelle ou artificielle, contre-jour…

Pour mon projet en cours, j’ai besoin d’une petite lumière qui éclaire l’installation de manière à ce qu’on ait son ombre projetée sur le mur opposé et le visiteur est convié à passer dans ces ombres mouvantes.

 

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Les nénuphars sont en lin et fil d’arcade. J’ai fait plusieurs pièces avec le fil d’arcade utilisé différemment.

Le fil d’arcade est un fil de récupération, il était utilisé sur les métiers à tisser Jacquard.

Le cercle, le disque, l’ovale, le cône ont une place privilégiée pour moi.

Depuis que je travaille en trois dimensions, j’ai l’impression d’être dans la vie, dans tout ce qui est palpable et physique. On dit que la peinture est "cosa mentale", ce n’est pas pour rien.

Je n’aurais jamais pensé être sculpteur : j’ai trouvé mon médium de prédilection et je travaille l’espace et la lumière !

Je ne me limite pas à un travail dit « textile », je suis plasticienne avant tout, les prochains projets : du sel, de la terre, du son….

  • CATHERINE CHANTELOUBE - artiste plasticienne
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