L'oeil dans sa poche numéro 01
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

CHRISTOPHE GARCIA

chercheur de formes

CONTACT

38 rue de la Badouillère
42000 Saint-Etienne
tél. 06 74 35 33 58
site internet/mail : http://LUXMINERALIS.COM

Point de vente
L’Atelier du coin
11 rue Salengro
42000 SAINT-ÉTIENNE

FORMATION

Ecole des Beaux-arts de Saint-Étienne (DNSEP).

INFLUENCES

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Miro, Brancusi, Giacometti, Gaùdi, Richard Deacon, Philippe Guston pour le mélange de métaphysique, de surréalisme, de trivialité et d’humour.
Barry Flanagan et la pataphysique.
Jules Verne, le Taoïsme, Carl Jung, Francis Ponge, l’univers et l’iconographie alchimiques.
La nature en général.

 

MON PARCOURS

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Je cherche l’adéquation entre ce qui est mathématique, ce qui peut se réduire à un concept et le côté anarchique et chaotique de la nature.

Il me semble que la vie se situe au juste milieu entre ce qui peut se réduire à des équations - au niveau de la structure de la matière par exemple - et ce qui échappe à cette logique, l’aléatoire.

Dans mon travail de sculpteur je cherchais à créer des objets qui auraient eu une vie propre.

J’aimais bien jouer sur la frontière entre une forme qui existe pour elle-même et une forme qui a une fonction.

Pour mettre en valeur ces structures organiques qui me plaisent, j’ai eu envie qu’elles soient éclairées, ce qui m’a conduit à faire des luminaires.

Ce sont les volumes et le matériau choisis qui m’ ont conduit vers leur fonction.

Faire des lampes présentait également l’avantage d’être un projet bien défini sur lequel je pouvais travailler à long terme et par séries.

 

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Je travaille tout ce que je fais comme de la sculpture.
Je fais autant de la sculpture que du design.
C’est du design de sculpteur.

Je suis autant attiré par le côté artistique que par le côté technique, j’aime bien la bidouille, la physique amusante, le bricolage.

Il arrive un moment ou tout ce qu’on voit se rattache à notre projet : si j’ai envie de faire un nouveau modèle de lampe, je vais voir tout ce qui m’entoure comme des sources possibles.

Rembrandt disait à ses élèves que, pour être peintre, il fallait accepter de tout voir comme si c’était peint.

J’ai conservé la couleur blanche de la porcelaine parce que j’aime ce mélange clinique/organique, comme j’aime le mélange dur/mou : j’aime l’ambiguïté maximale.

Je suis encouragé par quelques retours positifs d’architectes ou de designers et cela me donne beaucoup d’ énergie pour continuer ce travail.

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Le temps de repos de la porcelaine dans le moule varie en fonction de l’épaisseur désirée sur le tirage final.
Dans mon cas je vise le meilleur compromis transparence/solidité.

Après la première cuisson, j’utilise des outils pour enlever les traces du moule et ensuite je fais les retouches pour enlever les traces d’outils : la surface doit être nette, surtout si l’objet n’est pas émaillé.

Il ne faut pas laisser la porcelaine sécher complètement sinon elle craquerait, il faut démouler quand la porcelaine à la consistance du cuir.

Dans la porcelaine il y a un agent qui attaque légèrement le plâtre, et au bout de quelques dizaines de tirages, la surface du moule et les plans de joint se détériorent, ce qui donne plus de défauts et plus de travail de retouche.

Le moule en plâtre s’use, je suis donc obligé de le refaire régulièrement.

Je ne veux pas automatiser mon travail, j’ ai peur de la routine.

Et puis j’ aimerais rester dans l’esprit artisanal, dans la pièce unique.

 

PRODUCTION

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Ce projet est partie de la forme du cône, je ne savais pas quel état de surface je voulais lui donner, les picots sur ce modèle (à gauche) seront troués au bout pour laisser passer la lumière et peut-être aussi pour rappeler les polypes du corail.

Je pense réutiliser cette forme en variant l’aspect de la surface.

Je m’ intéresse autant à la forme générale qu’ à l’ état de surface de la matière, sa texture.

Les tracés rouges sur le modèle original (que j’ appelle la "matrice" et qui est en fait une sculpture en faïence le plus souvent) correspondent au « plan de joint » du moule.

Il est déterminé de façon empirique, le plus simple étant d’avoir le moins de parties possibles, mais il faut pouvoir les démouler.

Plus il y a de différences entre les parties saillantes et les creux, plus il y a de relief, plus le moule sera complexe et composé de plusieurs parties.

Il ne faut pas de « contre dépouilles », c’est-à-dire pas de parties qui empêche de démouler le moule.

 

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Le plus agréable, c’est lorsque mes objets plaisent et de voir ce que les gens projettent dessus.

Je serais fier si ça pouvait encourager les gens qui ont une activité artistique à montrer ce qu’ils font.

Le plus contraignant est quand ça ne marche pas ou quand on n’a pas envie de s’y mettre, le risque est de se lasser de répéter les mêmes gestes, c’est pourquoi j’insiste sur l’aspect évolutif de la collection.

Dans le cas d’un objet fonctionnel, on ne peut pas pousser la réflexion aussi loin que pour une démarche artistique.
Et puis l’acheteur ne s’ intéresse pas forcément à ce que j’ai fait avant ou même n’a pas besoin de savoir que c’est moi qui ait fait cette pièce pour l’apprécier.

C’est peut-être la différence entre un produit que tu vends et une démarche artistique ; tu es moins impliqué personnellement dans le produit.
L’objet artisanal doit exister par lui même.

 

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J’aime bien que l’objet renvoie à des choses qui dépassent sa fonction, que l’objet évoque des choses plus philosophiques, plus éthiques : par rapport à la manière de les produire et de les diffuser par exemple.

Mais j’aimerais que ça se sente, je n’ai pas envie de diriger les gens, je n’aime pas qu’il y ait un travail prémaché de compréhension.

L’ idéal c’est de faire travailler l’imagination, de chercher constamment un regard nouveau. Si j’ explique de quoi je suis parti pour arriver à telle ou telle forme, il y a quelque chose de réducteur, de trop directif.

Certaines personnes vont voir quelque chose de végétal, un fruit, une fleur, un champignon, d’ autres verront un coquillage ou une soucoupe volante pourquoi pas !

D’ une manière générale je pense qu’ on devrait avoir un autre rapport aux objets qui nous entourent, plus affectif et moins consumériste.

C’est ça que je trouve intéressant, que chacun projette ce qu’il veut sur ces objets que je propose. Plus une forme est ouverte et ambiguë plus c’ est réussi.

  • CHRISTOPHE GARCIA - chercheur de formes
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