L'oeil dans sa poche numéro 06
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

CHRISTOPHE VAILATI

plasticien

CONTACT

4 rue Michel Rondet
42000 SAINT-ETIENNE
tel : 06 86 35 53 97

FORMATION

Ecole des Beaux-arts de Lyon et de Saint-Etienne

 

MON PARCOURS

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Je faisais des sculptures en métal au départ.
Le travail des trempages a commencé par hasard.

Un jour j’ai observé du papier que j’avais mis dans un verre avec un fond de vin.
J’ai trouvé cette trace riche de possibilités.

J’ai eu envie d’utiliser des produits domestiques, surtout des produits alimentaires, comme des colorants, de l’huile, des infusions, etc.

Quand j’avais envie de les bousculer, j’ajoutais des produits de nettoyage comme le White spirit ou la javel....

Je pensais qu’en utilisant ce genre de produits j’allais avoir plus de chances d’obtenir des formes surprenantes.

Le dispositif de départ est un bac posé à l’horizontale.
Ainsi, après dépôt des liquides, le papier garde seulement la trace du travail des matières entre elles.

Je touche le moins possible le papier quand il est dans son bac de trempage.
Je peux rajouter des produits ensuite.

Certains trempages se font en plusieurs fois, parfois longtemps après.

 

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La pratique du trempage qui consiste à choisir différents types de papiers et divers produits, et à laisser les choses se faire, peut donner l’impression d’une pratique de fainéant.
Mais ce n’est pas si simple.

Je choisi les papiers pour la relation qu’ils peuvent avoir avec les liquides, pour leur capacité à favoriser les mélanges.

Certains papiers deviennent complètement transparents avec de l’huile.
D’autres papiers vont être trop absorbants ou trop fragiles. Certains peuvent se détruire avec trop de liquides agressifs.

Il m’est arrivé de montrer le verso de la feuille, quand toute la réaction se passe au verso.

C’est ce qui s’est passé pour une série verte faite avec de la glace et de la poudre.
La migration plus ou moins rapide de la poudre dans l’eau du glaçon a créé des formes, mais la trace intéressante s’est révélée au verso.

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Sans titre, 2004, glace + poudre verte, 21x29,7 cm

 

ETAPES DE FABRICATION

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Réalisation d’un trempage :

Je note le jour, l’heure et les ingrédients du trempage sur un papier à part.

Je pose le papier dans le bac.

Je pose un sachet d’infusion encore humide.

Je verse de l’alcool à 90°.

J’attends que le papier soit complètement sec.

 

PRODUCTION

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Je ne suis pas peintre, mon rapport à la couleur passe par le matériau.

Chaque matériau implique une couleur, le métal va décliner des nuances de gris, le bois des nuances de marrons etc.
J’ai du mal à dissocier la couleur de son matériau. Quand je suis attiré par un produit, c’est par sa “matière colorée”.

Le travail de trempage est un travail sculptural pour moi, ce qui est doublement surprenant : mes matériaux sont informels, ce sont des liquides, des poudres, et le résultat se trouve sur un plan.

Que se soit avec les trempages ou en sculpture, je cherche des densités, des lourdeurs et des légèretés, la placidité ou la dynamique, des jeux entre le dedans et le dehors, le caché et le visible...

Je cherche des formes différentes et les éléments qui vont me permettre de les trouver.

Un trempage est réussi quand la forme produite me surprend, quand elle ne me rappelle pas des formes que je n’aime pas, en fait, quand elle ne m’évoque rien de précis.

J’aime voir des masses, je n’aime pas quand la forme reste trop évasive.

 

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J’attends que le spectateur perde un peu ses mécanismes d’évidences.

Les gens en général cherchent immédiatement une représentation dans les formes, quelque chose qu’ils connaissent déjà.
On m’a même dit qu’il y avait un des vaisseaux de Star Wars dans un des trempages.

J’aimerais que les spectateurs voient d’abord les formes plutôt que de chercher à quoi elles leur font penser.

Quand le spectateur ne sait pas ce qui a produit la forme, sa curiosité est davantage sollicitée.

Le sens d’accrochage des trempages correspond généralement au sens dans lequel j’ai travaillé.

L’accrochage est un travail de composition.
Il s’agit d’organiser des rapports formels entre différents papiers.

Il m’arrive d’accrocher dans l’ordre chronologique de la réalisation des papiers.

 

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Chaque trempage peut fonctionner seul ou avec les autres.
Le fait de voir les trempages ensemble anime d’une manière nouvelle leurs formes.

Lors des expositions, l’accrochage me permet de faire se côtoyer des papiers qui ne se seraient jamais retrouvés côte à côte.

Ce qui est le plus agréable est le moment un peu avant où je pense que quelque chose d’intéressant va venir.
Ce sont aussi les moments où la chimie crée des textures qui m’étaient inconnues.

Ce qui est le plus contraignant est l’organisation du séchage, du fait des traces des coulures qu’il me faut à tout prix éviter. Le stockage aussi.

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Pour les cinq œuvres présentées ci-contre :
Sans titre, 2007 et 2009, javel + vin blanc sur papier de soie noire, 51x 76 cm

  • CHRISTOPHE VAILATI - plasticien
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