L'oeil dans sa poche numéro 10
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

DAVID MOREL

peintre

CONTACT

06 86 46 98 17
davidpeinture@yahoo.fr
http://www.davidmorel.fr

FORMATION

École des Beaux-arts de Saint-Etienne

INFLUENCES

Tout m’intéresse et peut m’influencer, le cinéma, la télévision, la peinture, la photographie, la littérature scientifique et médicale, internet, et mon entourage, mes amis...

 

MON PARCOURS

"

J’ai toujours eu un lien affectif avec le dessin et la peinture. A l’âge de 8 ans, je suis tombé amoureux de reproductions de Raphaël, Michel-Ange, Chardin, Botticelli...

J’ai toujours le cœur qui s’accélère quand j’entre dans un musée d’art , c’est comme aller à la fête foraine.

C’est toujours excitant de retrouver cette grande famille : les peintres, au-delà des époques, des pays. Je ressens beaucoup de respect et d’humilité quand je foule les marches du "temple".

Tout petit, je ne savais pas qu’on pouvait être artiste, je me destinais plutôt à être illustrateur. J’ai finalement fait les Beaux-Arts. Après cinq années d’études, je me suis senti enfin libre ; j’étais heureux de ne plus être soumis à une pensée académique. Malheureusement, à l’époque, la peinture figurative était considérée comme "has-been"...

La peinture dans le monde est un médium comme un autre au même titre qu’une installation ou de la vidéo, mais, en France, on la considère comme une mode ou un vieux truc qu’on sort du placard de temps en temps.

Aux Beaux-Arts, on nous apprend surtout à être polyvalent, à mettre du sens dans ce que l’on fait et des mots sur ce que l’on voit.

J’ai donc décidé, mon diplôme en poche, d’apprendre à peindre et d’aller à la découverte de mon univers, de mon "identité artistique".

 

"

L’intuition et la confiance sont les deux premiers moteurs de ma création. Ensuite, la réflexion et le sens suivent naturellement le pas.

C’est comme enfanter, comme un accouchement dans l’urgence. Une vie me semble trop courte pour aborder tout ce qui m’intéresse, tout est intéressant !

J’ai vite décidé de travailler par série de 13 toiles en moyenne, avec des thématiques qui m’ont touché à un moment donné.

Je travaille sur des toiles de grandes formats, cela me permet d’avoir des gestes différents, d’utiliser aussi plusieurs "outils", de travailler au petit pinceau ou à la brosse, de créer des textures et des effets, d’obtenir des premiers plans qui grouillent et des flous qui amènent de la profondeur par exemple.

Mon travail est aussi une recherche picturale, chaque toile est un univers.

Mon écriture est très colorée, je la veux vivante comme un agrandissement d’un amas de cellule au microscope, je la veux simple et complexe, ce ne sont juste que des points et des lignes.
Cela rejoint ma conception de l’univers qui est grouillant de vie et où tout est lié.

Au début, j’en mettais trop de partout, ça faisait un peu mal aux yeux. J’apprends maintenant à créer des aires de repos pour l’œil et à diriger le regard.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

"

Je travaille en ce moment sur une série qui s’appelle"Cosmic Earth". Cette série est un questionnement sur la relation de la terre et de l’univers, c’est un mélange de théories farfelues et d’autres plus scientifiques sur la vie, la nature et nos origines, saupoudré d’une bonne dose d’ésotérisme et d’ET !

Je crée une banque d’images qui vont me servir de terreau, à partir d’Internet, de films, de documentaires, de revues, et suivant la série en cours il m’arrive de prendre mon appareil photo.

Il y a ensuite une sorte de maturation de toutes ces images.

Pour "Cosmic earth", j’ai cherché des images de paysages où le contact entre le ciel et la terre est le plus évident : les montagnes ou la mer.

Ensuite, je travaille sur informatique, et je combine des images à la manière d’un collage. C’est l’ébauche : je cherche ce que je vais mettre au premier plan, quelles lumières, quelles couleurs, j’ajoute, j’enlève...

Je travaille jusqu’à ce que l’image prenne forme et sens ; la série, elle, doit apporter de la cohérence.

J’attaque alors ma toile à partir de cette image. Le travail en peinture peut commencer, avec ses partis pris.

J’aime aussi commencer une nouvelle série et à la fois en finir une autre, cela m’évite de m’ennuyer et cela me donne aussi le temps de réfléchir à la suivante.

 

PRODUCTION

"

La série sur les calendriers de la poste est née pour une exposition sur le thème "Chez mémé". Un ami m’a montré par hasard de vieux calendriers des années 1970’s qui m’ont rappelé pleins de souvenirs d’enfance, et notamment de ma grand-mère ; c’était parfait !

J’ai eu envie de travailler sur cette imagerie kitsch et populaire dont j’étais fan tout petit et de la détourner, parce que c’est trop mignon quand même !

Cette image de l’enfance, je voulais la peindre un petit peu comme une imposture.

Au fur et à mesure de la réalisation, la série a pris du sens, l’acte de peindre amène à la réflexion et à l’introspection.

Avec la série "Chez mémé", j’ai compris que je parlais de cette période où l’enfant se socialise et s’extirpe de sa bulle pour devenir un adulte.

L’expression sadique des enfants, un peu maladif, leurs peaux grouillantes, comme en pleine mutation, la façon dont ils serrent les animaux, comme si quelque chose leur échappaient, et les yeux apeurés des animaux, tout participe à montrer la perte de l’enfance.

Les titres des toiles sont des mois, les mois de l’année 1981, année où j’avais cinq ans.

 

"

Je cherche d’abord à créer un impact visuel et des émotions contradictoires. La contradiction, si elle est finement présentée, renforce le message d’une image.

J’aimerais amener le spectateur à réfléchir, l’amener à s’imprégner de ces images de manière à ce qu’elles fassent écho en lui. Le fait de faire des séries permet aussi de lui faire comprendre que, derrière le sens premier, se cachent des subtilités. Le choix des peintures n’est pas anodin.

La série "Jeune homme cherche mec" ("jh ch mek") vient d’évènements liés à ma vie "amoureuse". Une rupture de trop m’a donné enfin envie de parler de l’homosexualité et de peindre des nus masculins en évitant la vision homo-érotique du milieu, à la Pierre et Gilles, incontournables stars françaises de la scène artistique et gay.

Les photos et pseudos (titres des peintures) qui vont avec ont été captés sur des sites de rencontre.

Cette série montre avant tout que la sexualité est une affaire de clichés et que souvent l’homo internicus se cache derrière ces derniers, elle pose ainsi la question de la virilité chez des hommes qui dans le mental collectif hétéro normé sont souvent considérés comme des sous-hommes, des pédales quoi ! De l’autre côté, le milieu homo génère aussi ses propres clichés, fréquemment l’homo-homo se met en scène en se cantonnant à son identité sexuelle avec toute l’imagerie pornographique qui va avec, alors que pour moi, ce n’est qu’un détail.

La sexualité pour moi est quelque chose de beau, de poétique, de ludique, d’universel et de NATUREL, ce n’est pas sale !

 

"

Je préfère partir du sensible. Je trouve que l’art aujourd’hui manque cruellement d’humour, de simplicité et de contact avec le public. La dernière biennale de Lyon restera d’ailleurs dans les annales...

Je suis aussi de la génération "Culture Pub", de la société des images, de la tribu des zappeurs.

Malgré tout, la peinture pour moi est liée à une certaine noblesse de l’image, c’est l’image primordiale.

Le fait que la main en est l’outil principal lui confère des qualités humaines que la machine ne pourra jamais lui donner.

La série "A table !" est un mixe de plein de choses :
de ma peur d’avoir le ventre vide,
d’Arcimboldo évidemment
des films gores des années 80/90 ("Braindead", "Society"...)
de l’expression "il vaut mieux être mangeur que mangé !"ou "mieux vaut être riche et âgé pour manger vraiment équilibré"
de Goya et de ses ogres
d’ Obelix
d’une de mes toiles préférées du musée des Beaux-Arts de Lyon "les mangeurs de fromage blanc" (peinture populaire du moyen-âge)
du dictat de la consommation dans notre société, apparemment la seule alternative pour sortir de la crise et relancer la croissance !

Mes tableaux sont comme des collages d’idées.

Ce n’est pas de la cuisine haut de gamme ni de la soupe populaire, mais ce sont de bons produits du terroir cuisinés à la maison avec humour et plutôt agréablement présentés !

  • DAVID MOREL - peintre
  • DAVID MOREL - peintre
  • DAVID MOREL - peintre
  • DAVID MOREL - peintre
  • DAVID MOREL - peintre
  • DAVID MOREL - peintre
  • DAVID MOREL - peintre