L'oeil dans sa poche numéro 09
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

DELPHINE PERRET

auteur, illustratrice

CONTACT

ATELIER LE BOCAL, 44 rue chevreul, 69007 LYON
04 78 02 68 96
www.chezdelphine.net

FORMATION

École des Arts Décoratifs de Strasbourg

INFLUENCES

Je ne suis pas sous l’influence d’une esthétique unique, même si on peut le croire au premier coup d’œil. Il y a des "grands" que j’admire comme Sempé ou Quentin Blake. Mais, je ne regarde pas forcément les personnes qui sont formellement proche de moi.

Il y a tout un tas de petites choses qui me plaisent et qui, inconsciemment, se distillent dans mon travail, comme des harmonies colorées vues sur un blog ou les intérieurs d’appartements, ou des objets vu chez mes proches.

En ce qui concerne la narration, mes lectures sont parfois très éloignées de mes propres histoires. Ces lectures sont là comme des piqûres de rappel pour me dire de ne pas oublier certaines choses qui m’intéressent.

 

MON PARCOURS

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J’ai fais un bac "Arts Appliqués", puis un BTS "Communication visuelle". L’image m’intéressait, je pensais me diriger vers le graphisme.

Mais, en écoutant une conférence de Matali Crasset, j’ai ressenti une frustration : elle parlait de la possibilité pour la personne de s’approprier les objets du design. J’ai réalisé qu’on ne peut pas vraiment s’approprier les images d’une affiche ou d’une publicité.

J’aime le livre pour cette possibilité d’appropriation, c’est presque un objet intime.

J’ai rejoint l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg en section illustration. La possibilité de s’exprimer en tant qu’auteur m’a séduite.

J’ai vite travaillé dans un atelier avec d’autres créateurs, c’est motivant. Puis, nous sommes devenus plus nombreux et nous avons eu envie d’avoir une vitrine. Nous avons trouvé ce lieu et avons fondé "Le Bocal".

Chacun travaille sur son projet mais nous pouvons nous donner des avis. Nous avons la chance d’avoir en permanence un regard extérieur qui peut nous dire si notre dessin veut bien dire ce que l’on voulait dire, si l’expression est juste.

Nous avons chacun un style très différent, ce qui nous permet de ne pas nous marcher dessus.

 

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Après l’école, le démarrage est un peu dur car il faut avoir du recul sur son propre travail et il faut arriver à enchainer les projets. J’ai eu la chance de voir éditer 4 projets que j’avais réalisés à l’école. J’ai d’abord été en contact avec "L’atelier du poisson soluble" qui a édité mon premier livre, puis avec Thierry Magnier.

Une relation s’est créée, je sais que ces éditeurs sont en attente de projets, mais ils n’acceptent pas tout ce que je leur présente pour autant.

Chaque éditeur a une identité. Il y a des projets que je ne proposerais jamais à tel éditeur parce que je sais qu’il refuserait.
Avec le Poisson Soluble je suis plutôt sur des livres-objets, et chez Thierry Magnier, c’est plutôt un certain ton que je leur propose.
J’ai aussi réalisé un projet auto-produit et j’aimerais en faire d’autres, car en dehors du plaisir de mettre "les mains dans le cambouis", c’est une grande liberté d’être loin des contraintes éditoriales. Ce sont des projets plus "pour moi". C’est un bon équilibre d’avoir les deux.

Avoir un premier livre édité ne signifie pas que tout est acquis pour autant, certains projets ne trouvent jamais d’éditeurs.

Je travaille avec d’autres éditeurs sur des commandes d’illustration plus précises. La place de l’illustration est déjà déterminée et l’auteur me donne des indications sur le dessin attendu, mais rien n’est figé.
C’est intéressant d’avoir une structure qui existe déjà et de savoir qu’on a le droit d’en sortir.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Mise "au propre" d’un dessin à la table lumineuse :

Parfois mon crayonné est très incomplet, car quand je cherche, je ne note que le minimum. D’ailleurs, souvent, il est plus direct, plus "fort" que le dessin final.

Quand il est trop incomplet, je l’étoffe, puis je reprends mon dessin au propre à la table lumineuse.

Le plus difficile est de garder un geste spontané, tout en étant assez précis.

Comme je travaille avec très peu de traits, ils doivent être justes, sinon l’expression ou l’idée peut être complètement modifiée.

Il m’arrive de redessiner 4 ou 5 fois un même sourcil !

 

PRODUCTION

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A l’école, on nous apprend à travailler la lisibilité de l’image, à savoir transmettre ce qu’on veut par le dessin, à être clair.

Nous avions des exercices de ce type : à partir d’une série de dialogues qui doivent être prononcés par des personnages dans un hall de gare, dessinez les personnages de manière à ce que le spectateur sache qui dit quoi uniquement en fonction des attitudes des personnages.

Au départ, on est un peu obnubilé par notre style. Or, les professeurs nous orientent très peu au niveau du style.
Toute la question est de savoir ce qu’on doit montrer ou pas par rapport à ce que l’on veut faire sentir, par rapport à l’histoire qu’on veut raconter.

Ce que j’aime, c’est avoir un trait épuré.
Dès que je rajoute quelque chose, j’ai l’impression de perdre l’idée principale.

Les moments où on je ne travaille pas sur des commandes me permettent de démarrer des projets personnels tout en ne sachant pas si ces projets aboutiront.

On ne présente pas des projets finis aux éditeurs, on propose une idée, avec le texte entier et quelques images. Si l’éditeur est intéressé, on signe un contrat avec des délais, et il faut ensuite réaliser le projet.

 

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Pour la suite du livre "Moi, le Loup et les chocos", j’ai d’abord dessiné des ensembles de scénettes, puis je les ai assemblées en prenant en compte le format du livre.

Ce qui m’intéresse en premier est l’histoire. Je cherche à faire comprendre tout de suite l’idée. Ensuite, je m’intéresse aux expressions des personnages.

Je suis satisfaite de mon dessin quand l’expression est bonne, quand elle exprime des choses, parfois complexes, mais compréhensibles en un coup d’œil.

Je peux recommencer plusieurs fois le dessin d’une expression. Quand on fait les crayonnés, le trait est plus libre, il suffit parfois de peu de chose pour que l’expression ne soit plus la même sur le dessin définitif.

Les dialogues sont la substance de ce projet et je ne peux pas les séparer des expressions de visages. Du coup, le scénario se construit en même temps que le dessin.

J’ai souvent le début et la fin d’une histoire, ce qui se passe au milieu est plus flou. Je ne me lance pas dans une histoire si je ne connais pas la fin.

J’aime les histoires qui commencent par une situation très concrète puis qui partent dans des aventures invraisemblables pour revenir ensuite à la réalité.

 

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C’est toujours étonnant d’observer à quel point l’outil conditionne le dessin. On ne dessine pas de la même façon au pinceau ou au crayon.

J’essaie, quand le projet s’y prête, de proposer de nouvelles techniques aux éditeurs, tout en restant dans l’économie de moyens.

J’ai eu envie de travailler la sérigraphie pour faire de la petite série et pour connaître cette technique.

La sérigraphie m’a donné envie d’envisager le dessin par masse, ce qui m’a amené à travailler d’une autre façon. Je pense maintenant certains dessins de cette manière, sans les sérigraphier au final.

Le plus agréable est de pouvoir gérer son temps comme on veut, même si nous avons aussi des délais qui nous sont imposés et qui sont parfois très courts.

Certains pensent parfois à tort que notre travail n’est qu’un jeu. Même si c’est un travail qui nous plaît, cela reste un travail avec ces exigences.

  • DELPHINE PERRET - auteur, illustratrice
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