L'oeil dans sa poche numéro 01
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

ELODIE BOUESNARD

potière

CONTACT

L’ATELIER DU COIN
11 rue Roger Salengro
42000 Saint-Étienne
tél : 04 77 41 20 09
mail : famillejacquin@wanadoo.fr _http://www.lafaiencerie.over-blog.com

FORMATION

Maîtrise d’histoire
Apprend la technique de tournage avec des potiers

INFLUENCES

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Les formes et les couleurs de la nourriture me guident dans les choix des formes et couleurs de mes objets.
J’aime les années trente, tant au niveau des objets et de l’architecture que de la mode.
Je consulte régulièrement "la grammaire des objets chinois", une bible !

 

MON PARCOURS

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J’avais un atelier rue du coin, d’où…

On partageait cet atelier avec d’autres artistes, mais il n’y avait même pas d’eau, toutes les semaines on allait chercher l’eau à la fontaine de la place Jaquard.

Quand je me suis installée en tant que professionnelle, j’ai cherché à acheter un atelier, parce que je savais qu’à St-Étienne, il y avait des choses pas chères, en tout cas abordables.

J’ai trouvé ce lieu, très grand, et je me suis dit que j’allais faire une partie atelier et une partie magasin où j’exposerais des gens.

Après il faut trouver des solutions pour gérer tout ça, pour pouvoir travailler et s’occuper du magasin.

J’ai rencontré Sadaf, qui était intéressée par un endroit pour vendre et puis ensuite d’autres gens sont venus se greffer.

Nous sommes trois « permanentes » maintenant.

 

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Chaque poste à normalement une fonction bien définie.

À côté du tour, j’empile les pièces sur une planche que je mets ensuite sur le séchoir.

Le lendemain je tournasse les pièces, c’est-à-dire que je fais les finitions, par exemple le pied pour les bols, c’est à ce moment là aussi que je colle les anses que j’ai préparée en même temps.

Toute pièce achevée finit de sécher sur une étagère, ensuite, les pièces passent au four, elles sont stockées sur une autre étagère puis émaillées et enfin recuites.

Le four est tout programmable à l’avance, tu t’en vas, ça cuit tout seul !

Il y a deux cuisson : une cuisson pour le biscuit (environ 8 heures) où tu peux empiler les pièces et une cuisson pour l’émail (2 heures) où les pièces ne doivent pas se toucher sinon elles se collent.

 

ÉTAPES DE FABRICATION

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Tournage d’un soli-flore :

On prend une balle de terre que l’on bat d’une manière bien précise.
On pose la balle au centre de la girelle.
On fait tourner le tour à sa vitesse maximale et là commence l’opération de centrage.
Pour que la balle tourne le plus parfaitement possible au centre de la girelle (centrage), on monte des "bougies" que l’on écrase ensuite.

Après centrage, on creuse un puits au centre de la balle.

On tire sur les parois pour faire le font.

On monte les parois.

On affine les parois à l’aide d’un outil.

On essuie le fond et on passe le fil sous la pièce.

 

PRODUCTION

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Pour mon premier stand professionnel, j’ai décidé de faire une collection, de travailler sur de objets qui allaient bien ensemble, j’ai chercher des formes, j’ai fait des croquis…

Certaines formes viennent d’un dessin préalable qui évolue au moment de la réalisation, d’autres formes viennent du tournage même.

Le saladier très profond vient du fait que je n’arrivais pas à l’évaser, comme je tourne assez fin, ça s’écroulait, donc au bout d’un moment, je l’ai gardé étroit, et en plus il me plaisait comme ça.

J’ai vu un coquetier qui ressemblait beaucoup à celui que je fais, ce n’était pas exactement le même, mais il était vraiment conçu dans le même esprit.
C’était à la biennale du design. C’était la création d’un designer célèbre, il avait la même forme, le même aspect un peu lourd, mais il était coupé en biais.

Il m’arrive de voir des choses proches de ce que je fais, mais j’essaie de ne pas reproduire exactement une forme que je vois.

Si je vois une forme qui me plait, j’essaie de la transformer pour qu’elle soit dans mon esprit, de rajouter quelque chose.

 

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Le plus agréable c’est de sortir une nouvelle pièce, la sortir du four, la présenter sur un marché, et le moment où tu la vends, c’est le moment où tu as un retour.

Après on se rend compte que les gens mettent beaucoup de temps à voir la nouveauté.
Les nouvelles pièces se vendent souvent mieux la saison d’après.

Ce qui est le plus contraignant, c’est l’usinage, la production, on devient un peu une machine comme dans les temps modernes !

Mais comme j’aime bien la série et l’idée que tout le monde puisse s’offrir un bel objet “fabriqué”, j’essaie de garder des petits prix et donc je fabrique en quantité.
Je fais de l’objet du quotidien.

 

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Le sucrier est un des objets dont je suis la plus fière.

La forme vient des petites huttes africaines dont j’ai oublié le nom, au Mali. Je les avais vues dans un bouquin, et après j’ai rajouté une tige pour qu’on puisse ouvrir l’objet.

Je tourne une pièce fermée, j’attends que ça sèche.
Le lendemain, quand la terre a juste la consistance du cuir, je coupe le couvercle et je fais l’entaille.
Je rajoute ensuite la petite tige en la collant avec de la barbotine.

Le bol, pour le potier, c’est la base, même si c’est plus dur d’innover sur ce type d’objet.

Le bol c’est le contenant qui tient dans les mains, tous les potiers ont commencé par les bols.

Les tasses basses sont inspirés du 18ème, j’avais vu ça dans un musée.

J’aime bien reprendre des formes liées à des objets désuets.

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