L'oeil dans sa poche numéro 06
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

FLORENCE BRUYAS

céramiste plasticienne

CONTACT

2 rue des mutilés du travail 42000 Saint-Etienne
Tel : 06 18 64 63 71
Site : www.Florence-Bruyas.com

Points de vente :
2 rue des mutilés du travail
42000 Saint-Etienne
L’Atelier du coin
11 rue Salengro
42000 SAINT-ÉTIENNE

FORMATION

Licence d’histoire de l’art
Certificat de compétence “Créateur en Métier d’art céramique”, Maison de la Céramique de Mulhouse

INFLUENCES

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Je suis très influencée par des femmes artistes comme Niki de Saint-Phalle, Louise Bourgeois, Sophie Calle, Annette Messager...
J’aime baigner dans un univers féminin, je revendique ma féminité dans mon travail.

 

MON PARCOURS

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Après avoir suivi des cours dans un atelier de céramiste pendant 7 ans, j’ai ressenti le besoin d’une formation plus professionnalisante.

J‘ai suivi la formation de la Maison de la céramique de Mulhouse, qui est une formation très complète, technique et artistique.

Cette année à Mulhouse a vraiment été décisive, ça a été une ouverture sur moi-même.

En sortant de l’école, j’ai eu beaucoup de propositions d’expos dans des galeries parisiennes ou sur des salons.

Ces expériences m’ont permis de me sentir prête pour ouvrir un atelier. J’ai fait un dossier à la fondation de France pour acheter mon four.

Il y a un vrai relai entre les générations de céramistes.
J’ai l’impression de faire partie d’une famille.

J’aime faire du troc, de l’échange de compétence.
J’ai un réseau qui me soutient.

Je ne vends pas seulement des objets, je vends un métier, une matière, une démarche.

 

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Je me reconnais dans les travaux de femmes artistes comme Louise Bourgeois ; je retrouve un besoin de raconter son histoire, son enfance...

Je revendique la part féminine de la création, celle qui consiste à partir de l’intime, à partir de soi pour aller vers l’universel.

Parler de soi est ce qui motive mon travail.
Ma matière première, c’est moi !

Les petits cailloux qui sont intercalés entre mes plaques dans mes suspensions sont une référence au petit Poucet.

Quand une installation est terminée, je suis rassurée, elle balise mon chemin.
J’ai besoin de coudre les choses ensemble.

Je cherche à reconstruire ce qui est en désordre en moi, à la manière de l’archéologue qui met à jour des objets du passé avec un regard présent.

Mon travail est vraiment un travail sur l’identité, ce ne sera jamais fini.

Je me sens proche de l’idée de thérapie dans l’art.

J’aime les formes lisibles mais pas forcément rigides.

Je n’aime pas la peinture léchée, je préfère le croquis, ce qui est vivant.

 

ÉTAPES DE FABRICATION

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Décoration d’un plat :

Je passe un émail noir sur un plat qui a déjà été cuit une première fois.

Je recouvre complètement le plat pour que l’émail pénètre dans les dessins que j’ai gravés dans la terre fraîche.

Ensuite, j’essuie l’émail : le dessin réapparait et la terre est “patinée”, c’est-à-dire que l’émail noir reste dans toutes les petites aspérités de la terre.

Je rehausse mon dessin au pinceau.

Puis, je rempli ma forme avec des petits points blancs. C’est comme une écriture.

Enfin, je passe une couverte, c’est-à-dire un émail transparent et brillant, au pistolet.

 

PRODUCTION

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Pour pouvoir vivre de la céramique, j’ai développé trois volets : je donne des cours, je produis des objets utilitaires et j’ai une recherche plastique.

J’adore donner des cours, j’aime transmettre.

Les cours donnent une dimension relationnelle à mon travail, ils me donnent un rythme, un rôle social.
Ils m’obligent à être à l’écoute des autres, à me maintenir au niveau technique, à rester en éveil.

Produire des objets utilitaires a été plus difficile à accepter.

Au départ, je ne voulais faire que des cours et mon travail d’expression.

Mais, pour vendre ce travail, je finissais par le trahir parfois.
J’ai donc décidé de dissocier les productions utilitaire et artistique.

Je pense avoir trouver un bon équilibre : la production d’objets utilitaires me permet de garder les pieds sur terre et de mettre à distance mon travail d’expression qui est souvent éprouvant.

En même temps, une production nourrie l’autre.
Des ponts existent entre les deux, comme la recherche des décors, des matières.

 

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L’ensemble de mon travail est en noir et blanc parce que j’aime le graphisme, l’écriture, le trait, le point.

Je pourrais passer ma vie à travailler ces deux couleurs, il existe une quantité de noirs, j’avais même inclus du goudron dans mes objets.

Le jeu entre le noir et le blanc, comme entre l’ombre et la lumière, est infini.

J’aime les formes et les décors réduits au minimum.
Pour les objets utilitaires, je moule les formes essentielles comme le cylindre, le cube...

En France, la céramique est considérée comme un artisanat et difficilement comme un art contemporain.
Les galeries de céramique doivent vendre des objets décoratifs.

Je me dirige de plus en plus vers l’installation, la difficulté est de trouver des lieux pour exposer.

Ma dernière installation intègre un film fait par ma sœur, c’est une sorte de portrait, de film sur la création.

Ce travail avec ma sœur m’a donné envie de travailler à nouveau la vidéo et la céramique.

 

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Ma dernière installation est une installation de 36 cubes...pour mes 36 ans.

J’appréhendais d’avoir 36 ans parce que ma mère est tombée malade à cet âge. Cette installation a été comme une sorte de thérapie.

Ces cubes contiennent des petites plaques de papier porcelaine.
Ce qui était important n’était plus ce qui était écrit sur les plaques, comme dans mes travaux précédents, mais le fait de ranger.

Ce travail a été très long. J’ai construit chaque cube à la main, alors que j’aurais pu les mouler.

Chaque groupe de plaques va dans un cube précis.

Avec cette installation, je ne raconte plus un récit personnel, je donne à voir la manière dont nos têtes s’organisent.

Les cubes sont comme autant de petits tiroirs que l’on tire tous à chaque fois que quelque chose nous rappelle autre chose.

Ce qui est le plus agréable dans mon travail est ma liberté et mon autonomie, le fait que rien ne soit décidé à l’avance et le fait que je rencontre beaucoup de personnes.

Ce qui est le plus contraignant est le côté physique et le fait d’avoir beaucoup de choses à gérer seule.

  • FLORENCE BRUYAS - céramiste plasticienne
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