L'oeil dans sa poche numéro 07
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

FREDERIQUE EYRAUD

céramiste

CONTACT

10 rue des deux amis
42000 SAINT-ETIENNE
06 07 41 56 06
mail:fred@eyraud-sa.fr

Point de vente
L’Atelier du coin
11 rue Salengro
42000 SAINT-ÉTIENNE

FORMATION

Autodidacte

INFLUENCES

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Je pense que les influences se font inconsciemment.
J’aime voir les carnets de croquis des peintres, je vais voir des expositions d’artistes le plus souvent possible et je peux être très sensible au travail de céramistes peu connus que je rencontre sur les marchés.

 

MON PARCOURS

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J’ai un parcours atypique.
J’ai d’abord travaillé pendant 15 ans dans une entreprise où je faisais de la documentation technique.
Pendant cette période, j’ai toujours eu les mains dans le dessin et la peinture.

Deux rencontres m’ont permis d’être céramiste aujourd’hui. La céramiste Florence Bruyas, chez qui j’ai pris des cours et Elodie Bouesnard, potière, qui m’a accueilli dans son atelier pendant un an et demi.
J’ai complété ma formation par des stages chez d’autres céramistes et d’autres potiers.

Le rapport à la terre a été le facteur déclenchant d’une deuxième vie professionnelle, je me suis vraiment sentie dans mon élément.

Au départ, je travaillais à la plaque sans être attirée par le tournage, mais le jour où je me suis mise à tourner, ça a été une révélation.

Le tournage est très ingrat les premiers mois, il faut compter un an avant de sortir une pièce régulière.

Le premier geste que l’on fait quand on tourne une pièce est de la centrer. J’ai parfois le sentiment que ce geste me recentre, me recadre.
Si je ne tourne pas pendant un mois, ça me manque.

 

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Les deux qualités essentielles pour être céramiste sont la sagesse et la patience. J’en suis encore bien loin !!

En peinture, on voit tout de suite le résultat de ce que l’on fait ; en céramique, il y a toujours un long délai d’attente pour arriver à une pièce finie.

Pour une pièce simple et de petite dimension comme une tasse :
le premier jour, on la tourne.
Le deuxième jour, on la tournasse, c’est-à-dire qu’on réalise les finissions.
Les trois ou quatre jours suivants, elle doit sécher.
On peut enfin la cuire une première fois, c’est le biscuit.
Puis, c’est l’émaillage et la deuxième cuisson.

Pour des pièces complexes comme les théières, il faut attendre trois semaines en surveillant le séchage.

La terre (particulièrement le grès et la porcelaine) n’aime pas les changements de températures quand elle sèche.
Le séchage doit être lent sinon la pièce peut se déformer.
Si elle est au soleil par exemple, les collages peuvent casser.

J’aime partir d’une boule de terre, c’est-à-dire de presque rien, pour ensuite donner forme à un pot, un bol ou autre.

 

ÉTAPES DE FABRICATION

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Finition d’une sculpture :

Mes personnages viennent d’un travail en peinture sur le mouvement et la féminité.

Je renforce mon personnage qui est constitué d’un assemblage de plaques de terre superposées les unes aux autres, comme des jupons.

J’ajoute ensuite chaque élément de terre que je colle avec de la barbotine, puis je lisse la sculpture.

Ces opérations doivent être faites sur une terre presque sèche ; la difficulté est d’agir au bon moment, quand la terre “a la consistance du cuir”.

Je laisse sécher la sculpture puis je la ponce au papier de verre très fin.

Ensuite, je la fais cuire une première fois pour pouvoir l’émailler.
La terre est encore poreuse mais suffisamment solide pour ne pas se déformer lorsqu’on la manipule.
Cette porosité permet d’absorber l’eau et de fixer l’émail.

Enfin, je réalise une dernière cuisson.

 

PRODUCTION

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Ma journée se partage entre les trois aspects de ma production : je tourne des pièces dites utilitaires, je modèle des sculptures et enfin je réalise des bijoux.

Quant à la quantité du stock, au fil des années, je sais approximativement ce que je dois produire dans l’année.

Chaque type de terre a des caractéristiques particulières.

La porcelaine est une terre très délicate, on dit qu’elle a une mémoire.
La différence entre les terres, la faïence, le grès,la porcelaine est surtout perceptible à l’émaillage (et la température de cuisson).

Le grès est la terre qui me convient le mieux.
C’est une terre qui cuit à haute température, ce qui normalement permet une vraie recherche sur l’émaillage.

Les potiers qui utilisent le grès sont capables de fabriquer complètement leur émail, j’aimerais orienter mes recherches dans ce sens pour maîtriser toutes les étapes de la création.

En céramique, on a souvent des surprises qu’on ne peut pas toujours expliquer, il se passe tellement de choses dans ce four.

 

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J’ai envie de développer le travail graphique que je réalise pour l’instant sur les bijoux.

Les formes végétales ne sont pas venues de mon amour de la nature, mais plus d’un travail sur la ligne inspiré de certains dessinateurs de BD ou de certains peintres.

Sur les marchés de potiers, en règle générale, les échanges avec le public sont agréables et positifs.

Ce qui revient souvent dans les conversations, c’est le prix des pièces, plus élevé que dans les grandes surfaces par exemple.

Mais, je n’ai aucun scrupule à expliquer aux gens que les conditions de fabrication artisanale sont tellement différentes et ce n’est pas comparable avec des produits importés.

Quand je me suis installée en tant qu’artisan, j’avais envie de faire beaucoup de pièces uniques.
Mais le tournage me plaisait et a pris le dessus, faire de la petite série n’a pas été un problème.

Au contraire, le fait de produire en petite série me fait toujours rebondir vers autre chose. L’accumulation est un aboutissement aussi.

 

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Je n’aurai jamais assez d’une vie pour exploiter l’infini des possibilités de ce travail.

C’est très agréable de penser qu’on n’a jamais fait le tour, qu’il y a toujours des choses à apprendre.

J’ai plein d’envies, d’idées et je suis obligée de me freiner parce qu’on ne peut pas aller dans toutes les directions.

Quand j’ai une idée, je la dessine dans un carnet et j’essaie de prendre le temps pour lui donner vie le plus rapidement possible.
Quand l’envie et l’idée sont là, il ne faut pas attendre trop.
Je fais plusieurs prototypes pour trouver les bonnes proportions.

Tous les potiers font des bols, mais ils sont pourtant tous différents, probablement parce qu’il y a dans chaque bol la personnalité du potier.

Ce qui est agréable dans mon travail est aussi contraignant : c’est le fait d’être autonome.
J’ai un sentiment de liberté qui est complètement faux car je dois tout gérer, de la création à la production, la commercialisation, la comptabilité...

Ce qui est agréable et contraignant est aussi de travailler seule. C’est un plaisir de se retrouver dans son univers comme dans un cocon, mais cette solitude est parfois pesante.

  • FREDERIQUE EYRAUD - céramiste
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