L'oeil dans sa poche numéro 05
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

FREDERIQUE HELLE

artiste

CONTACT

mail : fredhelle@gmail.com
site : www.helle.ultra-book.com

FORMATION

Maitrise d’histoire de l’art à Strasbourg

INFLUENCES

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Je me sens très proche de l’Art Brut, j’apprécie l’univers d’ Henri Darger, j’aime beaucoup la BD indépendante, la culture rock et alternative, la musique et le cinéma expérimental.
Il y a quelque chose dans le rapport au vide et à l’espace de la page qui doit venir de ma pratique du yoga, de la méditation et du tai ji quan.

 

PARCOURS

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J’aime dessiner dans différents endroits, dans un parc, dans un café, ou dans les transports en commun.

Dans un bus, le trait tremble, le stylo dérape aux arrêts... Même si je n’arrive pas toujours à réutiliser ces accidents, ça me donne de nouvelles idées de traits.

Je travaille dans des carnets que je ne souhaite pas découper. Pour les expositions, je scanne les dessins, ce qui me permet parfois de changer la couleur du trait à l’impression.

Je fais des livres avec mes dessins.
Mes premiers livres sont des photocopies de dessins que j’ai choisi dans mes carnets et que j’ai rassemblés.

La succession des dessins est très intuitive, j’essaie de créer des surprises en alternant des dessins très fournis et des dessins plus vides, ou en regroupant des dessins qui ont une thématique commune.

J’ai conçu mon premier livre comme une exposition de poche.

 

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Je me raconte des histoires quand je fais mes livres, même si elles restent informulées.

Ce sont les personnages ou les décors qui se retrouvent d’un dessin à l’autre qui peuvent générer ces histoires.

Le titre “ONIRISMES” évoque l’imaginaire, un univers étrange, un peu surréaliste, peuplé d’êtres hybrides.

Pour mon troisième livre, j’ai eu envie de partir des dessins que je fais dans mes agendas.

J’aime ces dessins qui se calent entre deux mots, qui trouvent leur place dans un espace déjà assez rempli. Je trouvais qu’ils avaient un aspect encore plus spontané que les autres.

Je l’ai appelé “AGENDA FANTÔME” parce que ces personnages sont comme les petits fantômes des jours qui se sont écoulés.

J’ai fait mes premiers livres grâce au Brise-Glace, un lieu qui rassemble des ateliers d’artistes à Grenoble.
Ce lieu, qui était un squat au départ, est en train d’être conventionné par la ville.

 

ETAPES DE FABRICATION

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Création d’une fresque :

Je travaille dans cet atelier grâce à l’association “Les passeurs”.
Cette association signe avec des propriétaires des “contrats de prêts à l’usage” de lieux qui vont être détruits.
Ces lieux sont mis à disposition pour une durée limitée à des personnes qui ont un projet artistique, familial, ou autre...

En arrivant dans ce lieu, j’ai eu envie de travailler directement sur les murs.

Si je décide de montrer ce travail, j’aimerais qu’il se découvre au fur et à mesure, dans le noir, avec une bougie.

C’est amusant de créer des liens entre un élément dessiné dans un coin de l’espace et un autre.

Le dessin se construit aussi en observant comment les figures peuvent se rejoindre, se superposer.

Mes dessins sont proches de l’écriture automatique mais avec une écoute de ce qui est déjà là.

Ma façon de dessiner fonctionne comme l’improvisation en musique, je cherche comment une forme peut en amener une autre de façon intuitive.

 

PRODUCTION

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J’aime le principe du carnet de dessin, plein d’essais, de choses inachevées, de notes, de fragments de textes.

J’adore les carnets de mes amis artistes, je trouve dommage que ces carnets ne soient vu que par des intimes.

Je travaille au Rothring 0,20 , un stylo qui fait un trait très fin avec lequel je me sens plus à l’aise.

Dessiner doit être une activité sans contraintes, il faut que se soit une envie, un besoin.

Je connais bien l’art contemporain, j’ai été médiatrice au Centre d’Art Contemporain de Grenoble.
J’avais envie, dans ma pratique, de m’affranchir des démarches conceptuelles où tout doit se justifier.

Je souhaitais prendre la liberté de faire quelque chose plus proche de l’art brut, d’une pratique intuitive, personnelle et subjective.

Les dessins viennent d’une part de mon inconscient, je suis moi-même souvent surprise, c’est comme si je donnais naissance à des personnages sans savoir d’où ils viennent.

 

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J’aime qu’il y ait un fond blanc, que le décor ne soit pas trop défini, que le dessin soit maladroit, inachevé, ouvert.

Je m’intéresse à la miniature, au côté précieux des enluminures mais j’ai envie de faire des dessins plus grands maintenant.

Mes personnages féminins ne sont pas autobiographiques ou alors je ne m’en rends pas compte.

Dessiner des personnages féminins est plus facile pour moi.

Je me sens plus proche du féminin, de la douceur, de la sensibilité, de l’introspection.En même temps, une certaine force colore cet univers d’une façon plus masculine (au sens du Ying et du Yang)

Le moment où on dessine est pour moi un moment d’intériorité, de concentration.

J’essaie d’éviter les références à notre société de consommation, je préfère de rester dans le registre de l’imaginaire, avec des références à la nature et aux êtres humains ; j’ai envie d’être ailleurs.

J’aime la ligne, l’idée de cheminement qu’elle contient. Je trouverais intéressant de la filmer.

J’aime que les lignes se superposent, s’entrecroisent, je suis très sensible à l’équilibre de l’ensemble, même s’il y a des tensions.

 

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Un dessin réussi est un dessin qui est mystérieux, étrange, c’est un dessin qui m’accroche l’œil quand je le revois.

Je ne sélectionne pas les dessins qui deviennent trop enfantins ou naïfs.

J’aime que les gens me disent ce qu’ils voient dans mes dessins, c’est toujours très enrichissant pour moi.
J’aimerais faire un livre dont le texte serait des réactions à certains de mes dessins.

Le retour du dessin en art est pour moi le retour de la subjectivité, d’univers singuliers.

J’ai progressé en dessin à partir du moment où j’ai arrêté d’avoir peur de faire quelque chose de maladroit, de faire quelque chose que les autres n’aiment pas.

Il suffisait de faire et de sélectionner après.

Ce qui est le plus agréable est le plaisir de dessiner et la sensation de liberté qu’on peut trouver dans le dessin.

C’est intéressant et important pour moi de partager cela avec les autres, de montrer, d’échanger, d’avoir des retours...Cela fait évoluer la pratique.
Le plus contraignant ? Les heures passées à la photocopieuse ! "

  • FREDERIQUE HELLE - artiste
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