L'oeil dans sa poche numéro 08
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

JACQUES PRUD’HOMME

photographe

CONTACT

tel : 06 87 53 83 04
mail : jacques.prudhomme2@wanadoo.fr
site : http://prudhommestenope.canalblog.com

FORMATION

École des Beaux-arts de Saint-Étienne

INFLUENCES

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Mes influences sont très diverses et variées, tout peut m’influencer, et pas forcément des photographies…

Si je devais citer un seul photographe, je choisirais Miroslav Tichy, parce qu’il fabriquait lui même ses appareils avec des matériaux de récupération.

 

MON PARCOURS

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Je fais de la photographie depuis que j’ai dix ans.

Je suis graphiste de métier et autodidacte en ce qui concerne la technique de la photographie. Je suis devenu professionnel et je vends mes photos depuis que je suis à la retraite.

Mes sténopés sont des vues de Saint-Étienne parce je ne trouvais pas de livre de photographie de la ville qui échappe à la présentation touristique.
Je choisis volontairement des lieux emblématiques.

Je sors beaucoup après la pluie parce que j’aime jouer avec les reflets dans les flaques d’eau.
C’est amusant d’observer les déformations que produit le sténopé.

C’est le sténopé qui s’exprime, je ne peux pas vraiment mettre une intention ou un concept.

Le vrai concept consiste peut-être à utiliser des appareils rudimentaires pour obtenir des images-surprises qui ne le sont pas.

Le sténopé ressemble à un jeu d’enfant. Je n’aurais pas aimé être photographe professionnel et devoir répondre à des commandes ennuyeuses.

La photo pour moi doit être ludique.

 

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La pratique du sténopé représente 70% de ma pratique photographique.
J’utilise aussi beaucoup de vieux appareils photos, les plus simples, ceux qu’on appelle les “toy camera”.

J’aime ces appareils parce qu’ils ne permettent pas de se réfugier derrière la technologie.

On ne peut pas tricher, c’est la vision qui compte.

La collection d’appareils photo est fonctionnelle, je ne garde que les appareils avec lesquels je peux encore faire des photos.

Je trafique parfois mes appareils pour obtenir des effets particuliers. En remontant à l’envers une lentille que j’avais démontée pour la nettoyer, J’ai obtenu des photos au flou périphérique intéressant.

Chaque fois que j’observe une réussite, qui, au départ, est accidentelle, j’essaie de la reproduire.

Mais ça ne marche pas forcément. On s’aperçoit qu’on ne domine pas grand chose, et c’est peut-être bien ainsi !

Ce qui m’intéresse, c’est de provoquer l’accident. Le plus agréable dans mon travail est la surprise.

Le plus contraignant est la retouche informatique, le fait d’avoir à enlever les poussières du scanner par exemple.

 

ÉTAPES DE FABRICATION

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Préparation d’une canette-sténopé :

J’ouvre une cannette avec un ouvre-boîte.
Je fais un trou exactement au milieu de la hauteur de la canette. Il faut que le trou fasse à peu près 0,35 cm pour obtenir une image nette et unique. Je ponce les bavures du trou pour que la lumière aille bien dans les coins.
C’est important de connaitre le diamètre exact du trou, c’est ce qui permet de déterminer le diaphragme et donc de mesurer le temps de pose nécessaire à la photographie grâce à un posemètre (seul aspect de haute technologie dans mon processus)

Je peins l’intérieur de la canette en noir pour éviter les reflets.
Je charge le sténopé en chambre noire, je glisse un papier photo dans la canette, je referme le tout avec un couvercle de sauce bolognaise de même diamètre que la canette et du ruban adhésif noir opaque. Je place sur le trou un bout du même adhésif qui servira d’obturateur.
Je prépare plusieurs sténopés avant de partir en promenade, j’ai deux valises dans lesquelles je peux emporter 10 cannettes ce qui me donne une autonomie de 20 photos.

Au moment de la prise de vue, je plante la canette la canette dans un bloc de pâte à modeler pour qu’elle ne bouge pas au moindre souffle d’air, ce qui me permet aussi de l’orienter autrement qu’à la verticale.

 

PRODUCTION

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Quand on ouvre le sténopé et qu’on développe le papier, on obtient une image en négatif.

Pour l’inverser, on peut tirer le positif par contact dans le labo : on superpose le négatif et un autre papier photo, on insole et on tire le positif.

Aujourd’hui, on peut numériser le négatif, l’inverser en positif à l’aide d’un logiciel de traitement d’images, puis l’imprimer.

Le sténopé-canette couvre un angle de presque 180° en largeur.

Quand on installe le sténopé à l’horizontale le trou pointé vers le ciel, on capture les deux extrémités du paysage, avec le ciel au milieu.

La première fois que j’ai posé le sténopé dans une flaque d’eau, ça a été une vraie surprise de voir que cette flaque prenait la dimension d’un étang réfléchissant le paysage en miroir

Quand la canette est posée bien verticalement à terre, la ligne d’horizon est au milieu de la photographie, ce qui va à l’encontre des règles de composition généralement admises en photographie, qui voudraient que l’on place l’horizon soit au tiers, soit aux deux tiers...

 

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C’est l’authenticité de la prise de vue qui compte, je ne me sers de l’informatique que pour ajuster les contrastes, comme je le ferais avec l’agrandisseur.

J’expose des impressions jets d’encre, ce qui me permet d’utiliser des papiers qu’on ne peut pas utiliser en photographie traditionnelle. J’imprime souvent sur du papier Arche pour son grain.

A chaque prise de vue, je note dans un carnet le jour et l’heure à laquelle j’ai pris la photo, et le temps de pose, c’est une habitude que j’ai prise avec le numérique qui le fait automatiquement.

Comme les temps de pose sont généralement assez longs, les personnes en mouvement n’apparaissent pas sur la photographie.

Je m’amuse parfois à apparaître de façon fantomatique sur mes photos.

Le blog est un moteur de production ; c’est un peu comme un journal, ce qui donne une régularité à la parution de sténopés.

 

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Il y a très peu de sténopé ratés. Les ratés viennent d’erreurs techniques comme la mesure de la lumière.

Je ne peux rien faire si le négatif est sous-exposé, mais j’ai pu rattraper des sténopés exposés deux fois et qui étaient très noirs, comme pour la photo ci-contre. Grâce à Photoshop, on arrive à sauver certaines images mal exposées qui ne pourraient l’être en tirage argentique traditionnel.

J’aimerais faire des tirages avec un procédé ancien qui s’appelle le papier salé et qui me permettrait d’agrandir l’image dans le même esprit artisanal que la réalisation de sténopés.

J’ai aussi un projet de roman photo décalé et en partie en sténopé.

C’est plus difficile de faire de bons sténopés en voyage dans des lieux où l’on ne passe qu’une fois.

On ne fait pas toujours les bons choix de sujet et de point de vue…

Je travaille beaucoup mieux sur les sujets que j’ai le temps d’apprivoiser.

Apprivoiser : c’est la philosophie du sténopé, technique de la lenteur et de la patience par excellence.

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