L'oeil dans sa poche numéro 15
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

JULES MARRI

menuisier-designer

CONTACT

12 rue des Collines - 42000 SAINT-ETIENNE
06 68 81 18 54
marrijules@gmail.com
julesmarri.tumblr.com

FORMATION

Bac Pro Ébénisterie, École des Beaux-Arts de Saint-Etienne

INFLUENCES

Sculpture : Etienne Martin, Pierre szekely, Pino Pascali, Richard Deacon, Georg Baselitz...

Architecture : Charles Renie Mackintosh, Friedensreich Hundertwasser, Antonio Gaudi, Claude Parent...

Philosophie-écriture : Le Yi King (« le livre des transformation », Chine antique), Henry David Thoreau, Edgar Morin, Michel Foucault, Roland Barthes, Guy Debord...

Design : Lazar Lissitzky, Vladimir Tatline, Alexandre Rodtchenko, Varvara Stepanova, Andrea branzi, Enzo Mari, Ettore Sottsass, Martin Szekely, Guy-Claude François...

 

PARCOURS

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J’ai d’abord fréquenté le théâtre du Soleil, j’étais gardé par les décorateurs. Très jeune, j’ai fait de la menuiserie avec ces personnes, jusqu’à 14 ans.

Ensuite, j’ai suivi une formation en ébénisterie. Puis, j’ai fait l’équivalent de L’École Boule à Revel, à côté de Toulouse. Cette formation a été une révélation, l’équipe d’enseignants est composée à la fois d’artisans et de designers.

Ce qui m’a amené au bois est surtout mon intérêt pour la construction.

J’ai travaillé un an dans le milieu de l’artisanat puis je suis parti aux États-Unis sur des chantiers d’auto-construction de maisons en bois.

Enfin, je suis rentré en France et j’ai repris mes études aux Beaux-Arts de Tarbes, spécialisés dans le design et la céramique.

J’ai travaillé au CRAFT, Centre de recherche des Arts du Feu et de la Terre à Limoge. Il y a des affinités entre le bois et la céramique pour la réalisation des coffrages de moule.

J’ai rencontré Philippe Favier qui m’a conseillé de venir à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne.

 

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Ce cheminement très long et complexe me sert à penser les choses dans une certaine globalité, ce qui me correspond assez bien.

Dès que je fais un projet, je vais chercher un peu partout. Ma curiosité me donne l’impression que tout est lié.

Aujourd’hui, je mène des projets indépendants, des recherches personnelles et je suis scénographe commercial intégré pour des entreprises. Je fais parti du collectif Designers+ depuis 2011.

Je développe une approche du design par le "faire"qui me viens de mon expérience de la menuiserie. Étymologiquement, menuiserie signifie "les menus travaux", ce qui constitue pour moi une origine du design.

Je ne pense pas que le design soit souverain de la culture et des usages mais plutôt qu’il est transversal. Je m’intéresse aux arts populaires que je transpose notamment à deux phénomènes récurent aujourd’hui : le retour de l’auto-construction et la créativité comme loisir.

Dans l’entreprise, il me semble que le designer est un peu celui qui amène de l’intuition et de l’oisiveté aux modes de fonctionnement mécaniques. Je me suis intéressé aux techniques d’auto-construction avec des papiers ciments qui sont très abordables. Ce sont des techniques très utilisées dans les arts populaires et les décors de théâtre.

Ce sont aussi des techniques qui interrogent l’objet : est-ce que l’objet est factice, est-ce un ersatz ?

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Le papier mâché est un mélange de papiers imbibés et broyés. Ensuite, on l’essore et on ajoute de la colle. On peut ajouter du ciment, de la chaux, du bois... J’ai encore pleins d’expérience à faire avec ce matériau.

Il se modèle à main plus ou moins facilement selon sa composition.

J’aime le côté géologique ou géomorphologique du matériau une fois qu’il a séché.

Pour cet objet en cours de réalisation, je me suis servi du papier mâché comme colle, j’ai enduit des baguettes de bois.

Ce premier objet m’a ensuite servi de matrice pour un second. La dimension de jeu est présente, mais je ne cherche pas à "faire des objets ludiques".

Je revendique le fait que les choses soient des "emplacements", en référence aux "hétérotopies" de Foucault, c’est à dire des espaces concrets, projections de l’imaginaire..

Je trouve important de retrouver des choses déchargées de significations socioculturelles immédiates : des codes, des fonctions etc...

 

PRODUCTION

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Le projet "Paysage Z" s’est présenté comme une scénographie d’objets.

J’ai expérimenté le papier mâché pendant deux ans et deux autres personnes se sont greffées au projet, Jean-Sébastien Poncet qui s’est occupé du texte et Amaury Lauret, graphiste.

La pratique a vraiment participé du propos.

Je recherchais une ambigüité, je voulais que l’on se pose des questions sur le statut de ces objets : scénographie ou acteurs.

Au départ du "Paysage Z", il y a des dessins qui sont toujours des dessins de contours. J’aime que les objets paraissent découpés dans "une masse matière".

J’ai reproduit ensuite avec le papier mâché les formes que j’avais dessinées.

L’idée était que ces objets permettent de se projeter dans un paysage qui pouvait être domestiqué, ces objets pouvaient avoir des usages, devenir des poufs ou des tables.

En utilisant des déchets de papier, nous voulions aussi "Domestiquer la part de la ville en friche"...

 

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Pour le projet "Venus", je voulais créer un objet en tant qu’univers.

J’aime bien la métaphore du cosmos qui permet de comprendre l’objet sous différentes échelles, du cosmique à l’atomique.

Ce projet est aussi très lié à la notion de noyau et de matrice qui sont des termes beaucoup utilisés en moulage.

Comme "Paysage Z", cet objet peut être vu pour son caractère sculptural dans son ensemble et chaque partie peut trouver des usages séparément : la partie haute est une tirelire qui penche plus ou moins selon son degré de remplissage, une autre partie peut devenir un plat avec un fond qui permet de l’orienter....

J’ai travaillé d’après une demi sphère en polystyrène que j’ai déclinée en la moulant.

Du coup, chaque objet est moulé à partir d’un autre, l’aspect combinatoire est très présent.

 

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Pour ce projet de lampe, j’avais envie de faire à nouveau une scénographie d’objets : ce sont trois becs, ou trois mats dans lesquels j’amarre un système lumineux.

Ce projet est quotidien et continuel, je ne vise pas un objectif mais un cheminement, Il s’agit aussi de faire dessiner des volumes par d’autres designers pour composer un ensemble scénographique partagé.

Ces objets viennent vraiment de la pratique du matériau mais j’ai besoin d’en faire des dessins.

J’aime bien l’idée d’un objet reconstitué, qu’on ne sache pas tout ce qu’il y a dedans.

La structure est une pince en bois qui donne la souplesse à l’objet mais je ne voulais pas que l’on voit l’aspect technique du bois.

Le papier mâché annihile toutes connotations techniques, l’objet apparait par son contour, comme un dessin.

J’ai l’impression que cette matière fait aussi disparaître les égos...

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