L'oeil dans sa poche numéro 15
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

JULIEN MOUNIER

artiste

CONTACT

9 rue Neyron
42000 Saint-Étienne
06 85 47 83 67
zulien.mounier@gmail.com
http://momouni.wordpress.com

FORMATION

École des Beaux-arts de Saint-Étienne et de Toulon

INFLUENCES

Calder, Duchamp pour son humour et la polysémie de ses œuvres, j’aime le fait qu’il parle de choses proches du quotidien de manière très intelligente, il arrive à exprimer avec légèreté des choses très profondes...

 

PARCOURS

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J’ai d’abord passé un bac pro communication graphique, j’avais vingt ans et je ne me voyais pas entrer dans une "boîte de com".

J’ai continué mes études aux Beaux-Arts de Saint-Étienne. Je travaillais pour mes projets personnels et pas tellement sur les sujets qu’on me donnait, je restais un peu en marge. Alors, les enseignants m’ont fait rencontrer un autre professeur de Toulon et j’ai fini mes études aux Beaux-Arts de Toulon.

Ensuite, je n’ai rien fait d’artistique pendant cinq ans. Mais un jour, je me suis rappelé un cours de sculpture que j’avais eu à Toulon. Nous devions travailler le volume avec des fils de fer, en référence aux premières sculptures figuratives de Calder.

Il me semblait que Calder n’était pas allé assez loin dans cette voie là, et qu’il y avait encore quelque chose à exploiter.

Au départ, je faisais des visages en jouant avec le fil de fer : le jeu consistait à former un visage avec un seul fil, sans accrochage, sans soudures, et que l’ensemble puisse tenir "debout".

Un ami peintre qui avait vu un des premiers visages m’a dit :"Tu ne peux pas faire un seul truc comme ça et t’arrêter. Il faut que tu continues et que tu fasses progresser le truc !".

 

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J’ai fait une première expo à la galerie "Rue des artistes" à Saint-Étienne où j’ai vendu toutes mes pièces. Encouragé par cette expo, j’ai continué à travailler avec le fil de fer en allant vers des personnages à l’échelle 1/1.

Mon but est d’arriver à faire un travail qui soit entre le dessin et la sculpture.

Il faut que tous les fils représentent des traits de dessins et qu’il y en ait un minimum qui servent au maintient de la pièce.

J’aime partir de la réalité d’un corps, je me sers souvent de mon corps pour donner les proportions à mes personnages ; j’ajoute ensuite à ce corps un symbole.

Je m’inspire beaucoup d’images d’écorchés pour apprendre le corps, je fais du "nu" en volume en quelque sorte.

Je me sers du symbolisme de la mythologie ou d’autres cultures pour donner à penser.

Même si mon travail est très proche des sculptures en fil de fer de Calder, je m’en éloigne par la dimension de mes sculptures et par le fait qu’elles ne sont pas aussi ludiques que les figures du "cirque" par exemple.

 

PROJETS EN COURS

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Je cherche en ce moment à obtenir du mouvement de manière plus abstraite.

Je voudrais donner l’impression que quelque chose sort du mur et que la pièce peut être immergée.

Le poisson est un projet au départ plus "familial", mais cet essai me donne des idées par rapport à la torsion et au mouvement.

Je vais réaliser prochainement une scénographie pour une soirée spéciale "vampires" dans un bar. On me demande de faire une nuée de chauve- souris et une sculpture sur pied, je pense faire un "Nosferatu".

J’aime aussi travailler pour des commandes. J’ai mes idées mais ma technique peut aussi me permettre de travailler de façon plus artisanale pour de la décoration par exemple.

 

PRODUCTION

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Les ombres sont parfois plus intéressantes que la sculpture, l’ombre devient vraiment un dessin, elle amène un jeu de perception.

Ce rapport entre une chose mentale, le dessin et une chose physique, la sculpture m’intéresse particulièrement.

J’incarne des idées dans la sculpture et, par le dessin de l’ombre sur le mur, la sculpture retourne dans le domaine des idées.

J’ai peint le fil de fer en noir pour cette série de "trophées"(photo du haut) pour accentuer les contrastes et ce jeu entre le trait du fil et celui de l’ombre.

Le fil de fer gris réagit davantage avec son contexte coloré, on observe souvent des reflets de la couleur complémentaire.

Accrocher les sculptures au mur crée encore une autre ambiguïté entre sculpture et dessin.

J’aimerais en ce moment faire des flip books qui me permettraient de changer de médium tout en gardant cette recherche entre le dessin et le volume.

 

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La réalisation d’un personnage est un travail assez long, je peux travailler un mois sur un personnage.

Au départ, j’essaie de positionner mes fils de manière à ce que la sculpture reste manipulable le plus longtemps possible.

Il y a une façon de donner une impression du volume sans trop la "tisser". Quand le volume me parait évident, je "bloque" la sculpture pour lui donner son aspect final.

Ma façon de travailler est assez spontanée, je ne travaille qu’à la main et à la pince pour couper le fil de fer.

Je pourrais travailler en faisant des soudures pour un rendu plus discret des accroches mais j’aime que les attaches soient visibles.

J’aime aussi devoir trouver des techniques d’attaches selon les endroits. Il y a plein de façons d’attacher un fil, et il y a une façon assez précise d’entourer le fil pour qu’il tienne.

 

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La figure du dromadaire, mi-homme mi-dromadaire, vient d’une métaphore de Nietzsche dans "Ainsi parlait Zarathoustra".

Nietzsche utilise trois animaux pour figurer trois "états" de l’homme. Le dromadaire est l’homme chargé d’un lourd fardeau, son passé, sa conscience, un homme qui n’est pas libre. Le lion, à l’inverse, se bat et déroge à toutes les règles qu’on lui a inculquées. Enfin, l’enfant ou l’oiseau qui sont vraiment libres.

J’ai commencé par le dromadaire en référence à ce premier état dans lequel je m’étais retrouvé, je regarde maintenant vers la figure plus combative du lion, ou du taureau.....

J’utilise les métaphores pour ouvrir mon expérience personnelle aux autres, que les autres puissent se reconnaitre sans que je parle de ma vie.

Je suis parti d’un ensemble d’images de dromadaires avec des hommes pour avoir une idée des dimensions. La sculpture mesure environ 2m80 de haut par 1m40 de large, j’ai du ajouter des fils pour renforcer l’ensemble.

Je tenais à ce que ces pièces tiennent debout pour "être dans le domaine de la sculpture" en référence à ce que disait un des enseignants des beaux-arts : il disait que la sculpture vient du sol, que la sculpture est une élévation à partir du sol.

On peut trouver cette définition réductrice mais elle m’a beaucoup marqué.

(six dernières photographies : Pierre Grasset)

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