L'oeil dans sa poche numéro 04
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

L’EPLUCHE-DOIGTS

atelier de gravure

CONTACT

les zachères
69790 Propières
04 74 62 33 29/ 06 88 76 62 89

site :www.l-epluche-doigts.com

FORMATION

Pierre Abernot École Régionale des Beaux-arts de Saint-Étienne
Céline Thoué École Régionale des Beaux-arts de Valence et maîtrise d’histoire de l’art.

INFLUENCES

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Tout peut nous influencer, la musique, le cinéma, la bd, les rencontres... Les Kinks, Benoît Jacques, Patty Smith, Colocho, Blanquet, Chris Ware, les rébus, Arbitrairezine, Irma la douce, Jack l’éventreur, Capitaine Metropolis, l’odeur de la mer par force 11...

 

NOTRE ATELIER

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Nous avons décidé de monter cet atelier pour être libre de faire ce que nous voulions, pour ne plus être dépendants des éditeurs.

L’épluche-doigts est un atelier dédié, consacré, dévoué à la gravure, la typographie, l’impression, l’image, l’écrit, la poésie.

Une partie est consacrée à l’édition (nous fabriquons des livres de A à Z en tirage limité, voire très limité, et toute autre forme imprimée : cartes, affiches, billets de banque...).

Les images sont réalisées en linogravure, pointe sèche, monotype et autres principes d’impression inventé ou à imaginer.
Le texte est composé en caractères mobiles bois ou plomb. Le tout est encré manuellement, puis imprimé sur des vieilles presses mécaniques.

Nous tentons de diffuser ces gestes dans notre atelier (où adultes comme enfants viennent faire aboutir un projet d’images ou de textes), et hors de celui-ci à la rencontre de différents publics (écoles, bibliothèques, centre sociaux, impro, festivals, places publiques…)

Enfin, nous consacrons une partie de l’atelier à des expositions.

Notre travail est visible sur notre site mais mieux vaut le découvrir dans notre atelier ou sur les salons du livres !

 

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Tous les moyens de reproduction nous intéressent, nous ne sommes pas contre la photocopie.

L’avantage de la gravure est qu’elle raccourcit les délais : on peut avoir un projet le lundi et le tirer le vendredi. Mais il faut aussi être patient quand on fait de la gravure.

Nous avons toujours plusieurs projets en cours qui se préparent par des croquis.
Ces sont des envies visuelles.

Il y a actuellement un monde très riche dans la micro-édition et l’édition de revues graphiques qui présentent des auteurs-illustrateurs.

Pour la typographie, il faut bien réfléchir à son projet, le calage des lettres est assez long, il vaut mieux être sûr du texte et de sa composition.

En typo, on passe son temps à mesurer.
L’unité de mesure est d’ailleurs spécifique, c’est le cicéro qui existe depuis les débuts de l’imprimerie. On utilise un typomètre : c’est un réglet avec les deux unités de mesure, celles des lettres d’imprimerie, le cicéro, et celles du papier, le centimètre.

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Pour faire une linogravure (gravure en relief) :

Il faut, une plaque de linoleum (achetée, récupérée…), une ou plusieurs gouges.

Reporter sur la plaque un dessin.
Avec les gouges graver le linoleum.
Enlever soit sur le dessin, soit tout autour.
Reste la matrice que l’on encre avec un rouleau.
Sur cette plaque encrée, poser une feuille, et presser fortement : avec une presse, un rouleau (propre), la main, les pieds…

Soulever délicatement ou non la feuille et admirer le tirage.

Pour faire une pointe sèche (gravure en creux) :

Il faut, une plaque de métal (cuivre, zinc…) ou autre matériau (plastique, plexi, rhénalon…), et puis une ou plusieurs pointes.

Graver le dessin sur la plaque directement, en appuyant plus ou moins fort, en grattant, en essayant.
Encrer la plaque avec une poupée, ou le doigt…
Essuyer la plaque avec de la tarlatane, pour enlever le surplus d’encre.
Poser la plaque sur le plateau de la presse, poser une feuille humidifiée dessus, rabattre les langes, et presser le tout en faisant passer le plateau entre deux rouleaux.

Soulever la feuille et regarder le tirage.

 

PRODUCTION

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Pierre Abernot

Je travaille sur des images illisibles.

Je cherche des moyens pour perdre la personne qui regarde.

La superposition de la typographie et de l’image oblige le spectateur à regarder : le regard doit se fixer, soit sur une couleur, soit sur le texte, soit sur l’ensemble de l’image.

La technique de la gravure oblige à la rigueur.
Je ne me laisse pas guider par des accidents, tout est prévu à l’avance.

Quand on baigne dans ce travail, les choses se font de manière naturelle. C’est comme une respiration.

Je cherche.
Je fais ce qui me passe par la tête, du coup ça donne quelque chose comme une cave pas très bien rangée.
Parfois c’est clair, parfois pas du tout.

Quand le travail est fini et que l’on a entre les mains un objet auquel on a pensé est le moment le plus agréable.

Le plus désagréable est d’avoir les mains sales !

 

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Céline Thoué

Formée aux Beaux-Arts, et en Histoire de l’Art, je passe quelques années dans une Artothèque, entourée d’estampes.

Puis, je reprends le dessin, la peinture et la gravure (essentiellement pointe sèche et linogravure), indissociables, travaillant à la fois avec l’une ou l’autre des techniques, les mélangeant, les faisant se croiser.

La part du texte est tout aussi importante dans mon travail.

La pointe sèche est la technique qui me plait le plus en ce moment.
C’est la technique la plus proche du dessin.

La résistance de la plaque de plastique donne une qualité particulière au dessin. Les traits sont plus nerveux, les courbes sont difficiles à faire.

Plus on gratte la plaque en profondeur, plus le trait est foncé, et si l’on gratte de manière rapprochée, on obtient des masses sombres.

L’encrage est tout un travail, il faut bien faire pénétrer l’encre dans les creux, puis il faut essuyer méticuleusement avec plusieurs chiffons.

 

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Pour cette expo, je suis partie de carnets de peinture que je fais quotidiennement.

La transparence de la plaque de plastique me permettait de travailler directement au-dessus de certaines pages de ces carnets.
D’autres pages des carnets orientent mon travail en linogravure. Les jeux de superposition entre le dessin et les taches colorées m’ont guidée pour la baigneuse (en bas à gauche). J’ai travaillé séparément le corps et l’eau, puis je les ai superposés.

J’ai toujours travaillé plusieurs techniques en même temps, en particulier la peinture et la gravure.

J’ai besoin de travailler aussi en volume en ce moment.
J’avais fait une série de dessin de personnages qui étaient dans des trous, je suis en train de réaliser cette idée en sculpture. Peut-être qu’un jour, un travail en volume me donnera l’envie de faire des gravures ou des peintures.

J’ai aussi envie de mélanger peinture et pointe sèche sur un même support, ou de faire des diptyques.

Toutes ces idées sont dans ma tête, je ne sais pas quelles formes elles vont prendre ni quand je vais les réaliser. Pour moi, tout est lié, quelque soit la forme que prend ce que je fais.

J’aime l’idée que mes productions découlent les unes des autres, comme un collier sur lequel on enfile des perles différentes au fur et à mesure.

L’essentiel, c’est de faire, faire, faire !

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