L'oeil dans sa poche numéro 11
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

LAURENT SUCHEL

sculpteur céramique

CONTACT

06 75 21 43 16
lasuchel@voila.fr
http://petiteshistoiresdeterre.over...

FORMATION

géographe, autodidacte en matière de création

INFLUENCES

Elles sont nombreuses et variées : la céramique, l’illustration jeunesse, l’art textile, la chanson...

Je suis curieux de découvrir le travail des autres. Les céramistes Brigitte Marionneau, Agnès His, ou Kim Sang Woo ont orienté mon travail.

Ma principale source d’inspiration reste la nature.
Les falaises que j’escalade depuis une trentaine d’années ont déterminé mon goût pour la représentation du minéral (galets, cailloux…), pour certaines couleurs et certains graphismes répétitifs.

Il y a aussi sans doute l’influence des atmosphères de l’Afrique où j’ai passé mon enfance.

 

MON PARCOURS

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Le fait de vivre avec Gaëlle Boissonnard, céramiste-illustratrice, m’a ouvert à la création.

A force de visiter des ateliers de céramistes, de voir des expositions, de parcourir des revues, je me suis mis à apprécier la céramique, et j’ai eu envie de travailler la terre plutôt qu’un autre matériau.

Le côté non-créatif de mon métier m’est devenu pesant, et le fait d’avoir un atelier de céramique à la maison, des conseils, des sujets d’échanges et de réflexion, a facilité les choses.

Créer devient de plus en plus important pour moi. Je m’aperçois que ça me fait du bien.

Je me suis formé au gré des rencontres et des stages que j’ai pu faire chez des céramistes.

J’aime échanger sur les techniques de création.

Des personnes comme Agnès His qui n’ont pas peur de divulguer leurs techniques et leur savoir-faire m’ont beaucoup apporté.

 

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J’ai commencé par faire des arcs abstraits qu’on pouvait suspendre au mur. Ensuite, j’ai fait des galets. Puis, des bestioles.

Les bestioles sont nées de mon envie de créer une petite scène qui décrit une situation ; et, pour cela, j’ai fabriqué un support adapté à la situation que je voulais décrire.

Les galets et les scènes avec les bestioles sont deux créations différentes. Quand je fais une scène, je crée un support pour cette scène.

J’ai réalisé ma première bestiole à partir d’un dessin de loup que j’avais vu dans un livre pour la jeunesse de Delphine Perret.

Même s’il y a beaucoup de bêtes qui ne ressemblent à rien, je pars toujours d’un modèle que je décline.

Mon vaste zoo de bestioles représente un univers assez onirique, poétique, tendre, parfois drôle.

C’est un zoo hétérogène aussi. J’invente des familles de bestioles et je leur donne des noms en jouant sur les mots : le portéponge, le tircaillou, le portegraine, le mikado, le chaquicour , le loupiotte, le loufoque, le loubarre etc.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Je commence par modeler une boule d’argile pour lui donner la forme de la bestiole que je veux faire.

Puis, je la creuse et la referme en laissant un trou pour que l’air puisse s’échapper.

Ensuite, lorsqu’elle est sèche, je la peaufine à l’éponge : je la lisse, je gomme les irrégularités.

Pour la peindre, j’utilise des engobes que je passe sur la pièce sèche ou "à consistance cuir". L’engobe est un mélange de terre et d’oxydes que l’on fabrique soi-même.

Enfin, la bestiole est cuite à basse température, puis cirée.

Si je veux émailler ma bestiole, je fais une deuxième cuisson avec une couverte.

 

PRODUCTION

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J’aime ce qui est simple, sobre, épuré ; j’aime la retenue.
Je suis satisfait quand mes bestioles ou mes scènes racontent quelque chose avec le maximum de suggestion.

Les bestioles mesurent entre 2 et 15 cm. Je les présente seules, en troupeau, ou je les mets en scène.

Dans ce cas, je raconte une petite histoire très brève ou je décris une situation particulière, très simple. Par exemple, une bestiole qui regarde discrètement une autre bestiole, ou des bestioles dans le vent…

J’aime bien travailler sur une situation cocasse, tendre ou amusante.

Je m’amuse à mettre en scène un proverbe comme « un vent à décorner les bœufs », ou « connu comme le loup blanc », ou une chanson comme « gare au gorille » de Brassens qui devient une vraie gare investie par des gorilles.

J’ intègre des petits éléments naturels qui sont comme des trésors que je glane pendant mes balades ou que mes amis me rapportent de leurs voyages : graines, brindilles, piquants de porc-épic ou épine d’oursin...

J’aime le fait que ces trésors soient des choses simples comme des lichens, des vieux bouts de fil de fer.

 

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J’expérimente, je suis assez détaché des méthodes académiques.

Comme je ne sais pas dessiner, je m’en remets à des processus aléatoires comme l’enfumage pour dessiner des motifs sur mes galets.

Je peux aussi entourer les galets de fils avant de les cuire, ou encore utiliser des lignes répétitives.

Travailler avec des terres différentes, des terres chamotées ou non, de la porcelaine, me permet de varier et de découvrir des matières différentes, des techniques de travail différentes, et des cuissons ( haute, basse température ).

En fait, j’aime bien le défi de la contrainte, et j’ai toujours envie de découvrir, même ce qui est difficile.

Par contre, je ne maîtrise par l’émaillage. Comme mes résultats me déçoivent presque toujours, j’ai du mal à persévérer. J’ai une pratique beaucoup trop empirique et aléatoire pour l’émail. J’utilise des engobes et des oxydes.

 

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J’avais fait une série sur le thème de la trace.
C’était une installation de bestioles sur des galets immergés dans du sable. Le sable symbolisait une rivière. Les bestioles laissaient des traces de leur passage sur les galets.

J’ai aussi fait une scène sur la banquise avec des pingouin. Pour un géographe , la banquise est un milieu particulièrement attirant et intéressant ! Et puis, les bestioles de la banquise sont attachantes... Pourtant, je déteste le froid.

Les enfants aiment bien mon travail, mais il y a aussi des adultes qui se constituent un petit zoo ou qui aiment les galets en tant qu’objet.

J’ai envie de poursuivre mon travail sur les galets. Il y a des directions que je voudrais explorer davantage : les graphismes répétitifs, l’enfumage, le polissage.

Je rêve de faire un galet qui me satisferait pleinement.

Je suis aussi attiré par les installations, j’aime beaucoup l’idée de faire des pièces à la fois semblables et différentes et de les mettre en scène. La mise en scène m’apporte beaucoup de plaisir.

Deux types d’espaces m’intéressent : les espaces vides, les immensités où il n’y a rien ou très peu de choses, et les espaces pleins d’éléments à peu près identiques comme dans les installations que j’aimerais faire.

  • LAURENT SUCHEL - sculpteur céramique
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