L'oeil dans sa poche numéro 08
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

MADEMOISELLE AVRIL

illustratrice

CONTACT

mail : mademoiselleavril@gmail.com
site : www.onenight.canalblog.com

FORMATION

École des Arts décoratifs de Strasbourg

INFLUENCES

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Je suis très influencée par mes livres d’enfant et l’univers du conte.
Je regarde beaucoup la littérature jeunesse actuelle. Je suis une fan de Dominique Gobelet, sa façon d’aborder des questions intimes me touche.

 

MON PARCOURS

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J’ai toujours suivi une option arts plastiques, au Lycée et en Khâgne et Hypokhâgne.

Je n’arrêtais pas de dessiner pendant mon année de licence en Philosophie. J’ai donc décidé de “tenter" les Arts décoratifs de Strasbourg.

Pendant ces années à Strasbourg, j’avais un rapport à la forme très intellectualisé, j’avais tendance à “sur nourrir” mon travail de références littéraires. je n’étais pas une plasticienne du tout !

Ce qui m’intéressait était la relation entre l’image et les mots, j’hésitais entre la scénographie, l’illustration et le graphisme.

En sortant de l’école j’ai été embauché comme web designer dans une grosse agence de graphisme lyonnaise. J’y ai appris à me servir des images de manière rentable, ce qui ne me suffisait pas.

J’ai commencé à faire des carnets entre midi et deux.

J’avais besoin de cet espace de respiration, de ce micro-univers de poche.

Puis, quand on m’a proposé une exposition, j’ai dessiné en plus grand, tout en restant dans un geste microscopique.

 

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Je suis toujours en train de chercher un espace idéal pour travailler, c’est sans doute une des raisons pour lesquelles j’ai fini par me concentrer sur des carnets.

Même quand j’ai fait les dessins de la série des “silhouettes”, j’ai emmené certains dessins chez ma grand-mère ou à mon travail pour les terminer...

J’ai une pratique du dessin assez mobile alors que je rêve d’un lieu unique.

Pour l’instant, ce lieu est un placard où je range mes carnets, les livres que j’aime et les papiers que j’utilise pour mes collages.

A partir du moment où j’ai commencé à montrer mes carnets, j’ai dissocié les carnets type “ journal” avec beaucoup de texte, des carnets plus visuels.

J’alterne dessins, textes et collages dans les carnets. Cette pratique est liée au quotidien ; les collages correspondent au besoin d’intégrer le réel.
La question est toujours de savoir à quel moment on se réapproprie et on réenchante le réel.

Le fait de scanner les carnets et de les mettre en ligne sur le blog a été une étape importante, c’est une exposition virtuelle.

 

ÉTAPES DE FABRICATION

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Développement d’un motif :

La forme qui a donné lieu à la série de dessin “les silhouettes” vient d’un carnet de dessin que j’ai commencé lors d’un voyage à New-York.

Cette silhouette sans bras ni jambe revenait sans cesse dans mes dessins, j’ai eu envie de réaliser une série, avec le projet d’en faire suffisamment pour pouvoir couvrir un mur entier.

Au début, le travail ressemblait vraiment à un remplissage obsessionnel au stylo à pointe très fine, avec une gestuelle un peu “à vif ”.

Puis, j’ai cherché une façon encore plus laborieuse de dessiner où les traits s’enchevêtrent comme les fils d’un tissu.

 

PRODUCTION

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J’ai passé deux mois à faire le dessin en haut à droite. A chaque fois que je reprends le dessin, on sent que ce n’est pas la même temporalité, ni la même énergie.

Ce travail est très personnel, je ne veux pas m’en séparer, je n’arrive pas à vendre ce temps-là.

Le côté gestuel et obsessionnel de ce travail est très important, comme dans l’art brut qui me fascine.

Des artistes comme Wölfli sont dans un processus de remplissage, dans le rapport entre le microcosme et des formes plus grandes.

Il faudrait peut-être que je m’oriente vers la gravure, pour la gestuelle et pour pouvoir reproduire un dessin.

J’utilise des stylos très fins sur du carton plume.
Je dessine la main levée pour ne pas faire de traces.

J’ai choisi de travailler sur du carton plume quand j’ai dessiné les silhouettes pour une exposition : le carton plume permet un accrochage facile, léger et peu onéreux, même si c’est un matériau qui se conserve mal.

 

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Cette pratique plus régulière du dessin est assez récente, mais je sens que je progresse, c’est-à-dire que, sans être une technicienne, j’ai l’impression que mes dessins me ressemblent davantage, qu’ils sont plus expressifs.

Je réponds en ce moment à une demande de graphisme pour la pochette d’album d’une chanteuse.

Son univers est très proche de celui de mes dessins, mais j’ai encore du mal à faire complètement le lien entre la commande, comme dans mon travail de graphiste et cette pratique de dessins plus personnels.

 

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Je tourne souvent autour de l’idée de narration. Dans les dessins que je fais en ce moment, les histoires sont contenues dans les dessins eux-mêmes, ce sont des métaphores.

Il y a des dessins plus intuitifs qui apparaissent comme des dessins automatiques et des dessins qui sont l’image d’un ressentit.

Mon rapport au monde, ma façon de ressentir les choses sont très métaphorique.

Le corps est le champ d’expression de la série des “pluvieuses”.

Mon travail est très lié à l’univers du conte, ceux qui m’ont marqué dans mon enfance, des enluminures de contes russes.

Il y a quelque chose d’insatisfaisant dans les échanges qu’on peut avoir autour des arts visuels. On peut être très émue par le travail d’un artiste mais tout ce qu’on va trouver à dire c’est : “j’adore votre travail” ! Cependant, il m’est arrivé, une fois, de croiser dans la rue un homme qui m’avait acheté une petite image.

Il m’a reparlé de cette image et je me suis rendue compte qu’il s’était inventé toute une histoire. C’était très étonnant, j’aime beaucoup savoir que les gens brodent autour de mes images.

  • MADEMOISELLE AVRIL - illustratrice
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