L'oeil dans sa poche numéro 03
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

ROMAIN LANGLOIS

sculpteur

CONTACT

tél : 06 43 80 57 46
mail : romain.sculpteur@yahoo.fr

FORMATION

BTS design

INFLUENCES

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Le Bernin, Michelange, Camille Claudel, Rodin, Ousmane Sow, David Match, des artistes dont le travail est figuratif mais qui vont plus loin et que j’aime depuis ma jeunesse.
Par contre, aujourd’hui, j’évite les livres sur l’art et les musées, je n’ai pas envie de me laisser emporter dans une mouvance.
Ce qui m’influence le plus sont les civilisations primitives qui ont une grande écoute du corps.

 

MON PARCOURS

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J’ai travaillé avec un architecte pendant cinq ans à la conception de magasins.
Et puis j’ai tout arrêté à cause du système qui, à l’époque, était trop lié aux politiques.

Je me suis mis à la sculpture du jour au lendemain, dans les années 2000.

 

J’ai fait 6 mois à l’école des arts décoratifs de Strasbourg mais je n’y apprenais pas ce qui m’intéressait, je voulais apprendre des techniques. Comme je n’ai pas trouvé d’enseignement technique, j’ai appris tout seul.

C’est comme si sculpteur était un métier en voie de disparition !

Ce qui m’intéressait dans les projets d’architecture était de pouvoir maîtriser le projet de la conception à la réalisation.

Quand on peut gérer la conception et la réalisation, l’un et l’autre nous apporte.

 

J’aime la recherche du plus court chemin entre la conception et la réalisation.

C’est vraiment le passage entre les deux qui est intéressant : la manière dont la matière réagit à nos idées.

 

La matière me donne encore plus à réfléchir que mon esprit.

La matière renvoie toujours quelque chose par rapport à elle-même, elle m’empêche de m’enfermer dans un type de travail conceptuel qui peut n’être que de l’ironie.

 

Même si l’ironie est intéressante, au bout d’un moment, je m’ennuie à produire des travaux qui ne fonctionnent que sur ce registre.

C’est marrant, on s’amuse bien, mais il n’y a pas de vie, la sculpture n’est chargé que de mon propre esprit d’ironie.

Dire pour dire ne me suffit pas.

Aujourd’hui, il y a peu d’artistes qui vont aller chercher une pierre particulière, un quartz par exemple, pour la relation aux sens qu’elle va amener à l’œuvre.

 

C’est le contact sensitif aux matériaux qui donne de la spiritualité. Si je fais une tête en quartz et une en plastique, il y en a une qui ne sera jamais spirituelle !

Si je prends une matière dont il émane déjà quelque chose et si j’arrive à la travailler, le résultat va être multiplié par deux, par trois.

 

PRODUCTION

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Un Jésus en terre et un Jésus en bronze ou en cristal, seront complètement différents, même au-delà de la différence visuelle.

Le bronze est un métal qui a une résonance particulière, on dirait une petite peau, quelque chose qui n’est pas pénétrant, qui a un effet miroir...

Le bronze réussit bien à enfermer une vie alors que la terre rayonne davantage.

 

Pendant ces années, que je considère comme des années d’apprentissage, je me suis concentré sur le visage, certainement parce qu’on peut tout dire avec un visage.

Il y a tellement d’infimes variations qui vont donner les expressions de tristesse, de grâce.... La difficulté est que ça sonne juste.

 

La finalité de mon travail n’est pas le réalisme mais l’expression.

Ce que je trouve génial chez les grands sculpteurs, c’est leur capacité à toujours être juste, même quand ils s’éloignent de la réalité.

 

Camille Claudel ou Rodin peuvent accentuer l’expressivité d’un mouvement, parce qu’ils en ont la compréhension.

Quand on a cette justesse, cette vue d’ensemble, on peut très bien aller vers l’épure comme Brancusi avec son “Oiseau dans l’espace".

 

Mes propres visages pourraient évoluer vers une succession de lignes et devenir complètement abstraits, à condition que l’abstraction aille dans le sens de la justesse.

Je cache des pierres à l’intérieur de mes sculptures. J’aime que tout ne se voit pas et que mes figures ne soient pas qu’une peau.

J’essaie de placer une vie latente dans mes œuvres, une espèce d’âme.

Je peux ressentir le besoin d’associer des pierres pour leur rayonnement, leurs vibrations mais je ne le fais pas pour que se soit démonstratif, je le fais par rapport à cette recherche d’ “âme”.

 

Le but serait de faire des œuvres qui donnent, comme peut le faire un humain, plutôt que d’ajouter un objet ironique de plus.

Ce qui est le plus agréable dans mon travail est aussi ce qui est le plus contraignant, c’est la liberté de faire ce qu’on veut, ce qui est aussi une grande responsabilité.

Mon travail se répartit entre travail personnel et commandes. Le coût des matériaux m’obligent à répondre à des commandes pour finir mes projets personnels dont la réalisation peut s’étaler sur deux ans.

 

Certaines sculptures sont destinées à des salons de décoration. Ce sont des pièces très douces, des visages de femmes ou d’enfants, ou des têtes d’animaux.

Leur exposition me permet d’avoir des commandes dans le monde entier. Certaines sculptures ont beaucoup de succès, il m’est arrivé de sortir une pièce 32 fois en deux ans.

Même si ce n’est pas très excitant de faire ces copies, c’est aussi une rentrée d’argent régulière. Je modifie toujours un peu les copies. Légalement, pour qu’une sculpture soit considérée comme originale, elle ne doit exister qu’en 12 exemplaires.

 

Pour vivre de son art quand on est sculpteur, il faut avoir une côte, c’est-à-dire qu’il faut avoir fait trois ou quatre ventes sur le marché de l’art.

En effet, au-delà d’un certain prix, les acheteurs investissent aussi dans la valeur de l’artiste par rapport au marché de l’art.

Le problème de cette côte créée par le marché, c’est que l’on peut soi-même ou un ami qui a de l’argent, acheter son oeuvre pour créer sa côte.

Si quelqu’un a acheté une oeuvre à 40000 euro, l’artiste “vaut” 40000 euro. Ce système est détestable mais je vais être obligé d’y entrer pour pouvoir faire des sculptures avec les matériaux qui m’intéressent.

Mon but aujourd’hui est de faire une ou deux pièces d’exception qui correspondent vraiment à mon travail de sculpteur sans penser forcément à leur devenir marchand.

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Je commence par le modelage anatomique et expressif du sujet en terre.

Ensuite, j’affine le modelage et je travaille la justesse de l’expression.

Je crée un moule en élastomère qui épouse parfaitement la sculpture en terre.

J’ajoute de la résine pour rendre le moule rigide.

Je fais tirer la pièce en cire et je reprends les défauts.

Je fais fondre la pièce en bronze dans une fonderie spécialisée.

Enfin, Je nettoie la sculpture et je la patine pour lui donner son aspect final.

  • ROMAIN LANGLOIS - sculpteur
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