L'oeil dans sa poche numéro 04
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

ROSELYNE TITAUD

photographe

CONTACT

tél. 06 18 81 21 18
mail : roseti@free.fr
site : http://roseti.free.fr

FORMATION

École Régionale des Beaux-arts de Saint-Etienne.

INFLUENCES

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Je regarde beaucoup de peintures de la renaissance, des natures mortes hollandaises du 17ème, Chardin, je lis de la sociologie et de la philosophie en ce moment, ce que je faisais moins avant.
Mes influences en photographie se situent, pour faire un raccourci, entre Walker Evans et l’école Allemande.

 

MON PARCOURS

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Même s’il n’y a personne sur les photos, mon travail porte sur l’humain. Mes photos sont des portraits en creux.

Ce qui m’intéressait au départ était la façon dont les individus investissent un lieu :
la représentation de soi transparait dans un lieu par le choix des objets et la façon de les disposer.

La question de la présence et de l’absence est aussi au centre de mes préoccupations : comment parler des personnes sans qu’elles y soient.

Mon travail a un aspect sociologique : pourquoi telle classe sociale choisit tel type de décor. Mais, il ne se limite pas à une fonction documentaire, chaque image doit pouvoir fonctionner toute seule, sans commentaires.

Le rapport au réel est très important pour moi. Une image très belle qui correspond à une mise en scène de la réalité me gène.

Une image artistique doit coller à quelque chose de vrai, elle doit être belle ET poser des questions.

Le rôle d’un artiste, pour moi, est de poser des questions sur le monde qui nous entoure.

Chacune de mes photos est une question que je me pose. Le point de vue choisi est un début de réponse.

 

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Le cadrage consiste à mettre tous les éléments dont j’ai besoin dans une photo.

Ces éléments peuvent être la brillance d’un tissu qui me plaît, les jeux de reflets ou de transparences, comme la lumière à travers les rideaux. Je veux aussi faire une belle photo.

Il n’y a souvent qu’un endroit où je vois un morceau de chaque chose qui m’intéresse.

C’est comme si je forçais les choses à rentrer dans le cadre de mon appareil photo.

Je cherche à rendre l’ambiance du lieu, l’impression qu’il me fait.

Moins je passe de temps dans les lieux, plus je suis attentive. Quand on connaît trop un lieu on n’arrive plus à le regarder à la bonne distance.

La bonne distance entre moi et les objets n’est pas qu’une distance psychologique, c’est aussi une distance métrique.

Si je m’approche trop d’un objet, je m’intéresse au détail et la photo devient anecdotique.

La taille de l’objet influence aussi la distance à laquelle je me positionne : est-ce que l’objet va être le sujet principal de la photo ou est-ce que je n’en garde qu’un fragment pour qu’il fasse partie d’un ensemble ?

Le cadrage et la distance sont le point commun entre mes photos.

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Pour faire une photographie :

Je fais toujours un peu les mêmes gestes.
Je choisis mon cadre, je mets mon appareil sur pied, toujours à peu près à la même hauteur.

Je fais une première mise au point.
Je fais attention que le cadre ne penche pas.

Je mesure la lumière avec une cellule depuis l’objet qui m’intéresse le plus. La cellule me donne un couple de chiffre, ouverture et temps d’obturation, qui me permet de choisir la profondeur de champ.

Je refais la mise au point, je teste la profondeur de champ avec un testeur dans l’appareil.
Enfin, je fais ma photographie.

La façon dont on tient un appareil de moyen format donne une dimension très corporelle à la prise de vue ; le cadre est très lié à ma taille, j’ai du mal à travailler avec des talons !

L’appareil photo que l’on a choisi est très important, ce n’est pas qu’un outil, il conditionne le travail.
La visée du moyen format joue beaucoup plus un rôle de filtre que les visées reflex, le choix d’un format carré est aussi très important.

 

PRODUCTION

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J’aime travailler en argentique parce qu’on est obligé de réfléchir davantage aux images que l’on fait. Le temps de développement permet d’oublier les photos et d’avoir une surprise en les retrouvant sur la planche contact.

Je fais tirer des planches contacts pour choisir les photos, je les regarde longtemps. Je les fais rarement recadrer.
C’est important pour moi de soumettre mes photos à « plusieurs yeux » avant d’avoir une opinion.

J’écoute beaucoup ce que les autres me disent de mes photos pour essayer d’avoir une vision plus objective et vérifier le sens que la photo véhicule.

Dans chaque ensemble de photographies, il y a quelque chose qui va déclencher autre chose, comme une réaction en chaîne.

Ce phénomène m’amène à travailler sur des lieux qui ne sont plus des intérieurs privés, comme des intérieurs d’église, même si les questions sont assez proches.

Mes idées viennent de l’observation des espaces qui m’entourent et des séries de photos précédentes.

Les choses sont en germe dans les images, on ne les voit pas forcément tout de suite.

 

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Je m’impose certaines règles de respect des personnes chez qui je photographie ; le jour ou on me parlera de voyeurisme à propos de mes images, c’est que je me serais trompée.

En sortant des Beaux-arts, c’est le parcours du combattant, il faut trouver des expositions, des résidences, des subventions ou des galeries pour vendre son travail, c’est ce qui est le plus difficile.
Il m’a fallu 7 ans pour que mon travail commence à être exposé dans des lieux importants.

Il faut du temps pour installer une démarche qui ait du sens et qui tienne la route.

J’ai d’abord cherché à exposer avant de vendre.

Je montre régulièrement des dossiers constitués de différents tirages à des directeurs de lieux d’expositions, à des critiques d’art. Ces dialogues me révèlent souvent des aspects de mon travail. Les dossiers me permettent de faire financer mes tirages par les structures qui m’exposent.

Je cherche aujourd’hui à être représentée par une galerie.

Mon dernier travail en photo représente des intérieurs de studio d’une résidence d’artistes en Allemagne. Chaque studio est meublé de façon identique.
Mon projet était d’observer comment chaque personne allait s’approprier ces meubles qui reviennent sur chaque photo alors qu’on n’est pas dans la même chambre.

 

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Mes photos forment des ensembles parce qu’elles sont les témoins d’une recherche. Une image seule ne peut pas rendre compte d’une recherche, mais elle peut fonctionner seule en tant qu’œuvre.

Le travail d’exposition est encore un autre travail.

J’aime laisser le commissaire d’expo choisir l’accrochage, mélanger les séries. Ce sont des expériences qui nourrissent ma réflexion, qui me donnent une autre image de mes photos.

J’aime les formats ni trop grands ni trop petits, proches de l’échelle 1/1. Parfois, le format du tirage est choisi en fonction de la taille du mur d’exposition. Les tirages sont numérotés, contrecollés sur aluminium, ce qui est le plus onéreux.

La référence à la peinture est très présente dans mes photos, à travers la lumière et les matières. J’aime que les photographies soient accrochées comme des tableaux.

Il y a deux choses très agréables dans mon travail :
le moment où j’ai L’idée, c’est comme une révélation, et le moment où je vois mon image telle que je l’imaginais en la prenant, c’est un vrai plaisir de regarder les matières, la lumière…

Ce qui est le plus contraignant est la mise en place des projets, il faut par exemple demander des autorisations pour aller faire des photos dans des lieux.

  • ROSELYNE TITAUD - photographe
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