L'oeil dans sa poche numéro 02
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

SADAF

création textile

CONTACT

tél.06 85 02 15 33
mail : SADAF@free.fr

Point de vente :
L’Atelier du coin
11 rue Salengro
42000 SAINT-ÉTIENNE

FORMATION

CAP et BEP “couture floue, vêtements sur mesure et accessoires”

INFLUENCES

"

Mon pays et L’Asie pour les couleurs, les épices, la calligraphie.
J’aime la rigueur des japonaises, leur façon de codifier à l’extrême le port du Kimono.
J’aime les détails, même ceux qui ne se voient pas comme les poches intérieures d’un vêtement ou le fil d’un ourlet qui n’est pas de la même couleur que la jupe.
J’admire les “arlésiennes” de Christian Lacroix, Kenzo et Yoji Yamamoto pour le mélange orient/occident.

 

MON PARCOURS

"

Je suis arrivée en France à douze ans pour apprendre le français, au Chambon-sur-Lignon.

J’avais commencé des études d’architectures à Marseille que j’ai du interrompre pour des raisons complexes.

Revenue dans la région, après m’être mariée et être devenue mère, j’ai pris des cours de couture et passé mon CAP et BEP “couture floue, vêtements sur mesure et accessoires”.

Au début je travaillais pour des copines, pour des dépôts vente, et puis j’ai rencontré Elodie de L’atelier du coin à Saint-Etienne.

Dès que je fais quelque chose, je le montre à mon entourage et je suis très attentive à ce que l’on me dit.

Les colliers iraniens que je fais sont fabriqués avec des pièces métalliques qui viennent d’Iran, des pièces que je démonte ou qui sont déjà séparées.

Je les ai trouvées à Téhéran dans un bazar énorme où tu peux passer la journée entière, tu trouves de tout, des tissus, de la vaisselle...
Du coup, j’ai du mal à me séparer de ses objets, il faut du temps pour que je me décide à les utiliser dans un collier.

 

"

Quand je dis que je mets un peu de moi-même dans ces colliers, c’est vraiment ça !

Le collier Iranien est une parure mais pas précieuse, je ne voulais pas que mes colliers soient précieux.
Je voudrais que ce soit quelque chose de léger.

Il n’y a vraiment qu’un objet dont je peux parler comme ça, j’utilise aussi du tissu qui vient d’Iran pour mes coussins mais je n’y mets pas les même choses.

Quand quelqu’un vient au magasin exprès pour acheter un de mes colliers, c’est très plaisant, ça dépasse le côté juste agréable.

D’ailleurs, ça me fait toujours bizarre de voir une personne partir avec un de mes colliers.

 

"

La différence entre les colliers iraniens traditionnels et ceux que je fais est essentiellement la finition des boules, l’aspect plus propre.
Il fallait les mettre au goût d’ici. J’y ai rajouté un fermoir par exemple.

Ces colliers sont fabriqués dans les bleds en Iran, dans les montagnes. Les perles bleues sont là pour éloigner du mauvais œil...

Les femmes n’ont pas de parfum là-bas alors elles mettent des clous de girofle dans les colliers. _ Je mets aussi des épices dans mes colliers, des clous de girofle qu’il faut faire tremper pour pouvoir les enfiler, et de la cardamome.

La fabrication des colliers est vraiment un moment de repos par rapport à la couture, la concentration n’est pas la même.

En couture, il y a la technicité de la machine, alors qu’avec les colliers, tout est manuel. Et puis, en couture, il faut prendre des mesures, si tu te plantes de trois centimètres c’est foutu !

Ce collier est devenu ma signature, c’est quelque chose que je dois continuer à faire sinon ce serait décevant.

 

PRODUCTION

"

Il y a cette histoire de la robe de mariée :
on a offert un collier iranien à cette personne qui a voulu le porter pour son mariage.
Elle a donc fait faire sa robe de mariée en fonction du collier.
Il n’y a pas mieux que ça ! C’est la combinaison parfaite !

Je vais souvent au musée d’art et d’industrie de Saint-Étienne à l’occasion des expositions textiles mais aussi pour revoir les métiers à tisser.

Je trouve incroyable le contraste entre ces énormes machines qu’il faut graisser, ces navettes qui font des trajets invraisemblables et la finesse, l’élégance des rubans qui en sortent.

Les artistes qui rejettent la beauté me dérangent, je ne vois pas l’intérêt de montrer des choses moches et désagréables, il me semble qu’on en a bien assez autour de nous.

Il y a certainement un travail intellectuel dans ces pratiques mais pour moi l’art doit chercher le beau, même si c’est difficile de savoir si ce que l’on fait est beau...

 

"

Le lien entre couture et collier serait la recherche de combinaison de couleur.

Les gens sont parfois surpris que je ne porte pas de vêtements très colorés. Comme je ne suis pas exubérante dans ma façon de m’habiller, je peux l’être dans mon travail.

Mon travail est plus coloré que moi-même !

Pour que la fabrication d’un coussin devienne intéressante, c’est tout un travail.
Il faut un mélange entre les tissus, il faut qu’il y ait une histoire.

J’utilise actuellement un sachet de pierre de prière, la pierre qui représente La Mecque. Les gens mettent leur tête dessus quand ils font la prière.

Pour moi, la meilleure façon de les utiliser est de les mélanger avec des objets d’ici.

En fait, je n’arrête pas de superposer les choses, celles qui viennent d’Iran et celles qui viennent d’ici, c’est comme ça que ça me ressemble.

 

"

J’ai commencé à faire des objets en tissu pour la maison à partir du moment ou j’ai été dans la boutique de L’atelier du coin.
J’ai fait des sets de table POUR la vaisselle d’Elodie.

J’ai réalisé pour la première fois des “objets qui ne servent à rien” à l’occasion d’ une expo sur le thème du vent.

Je voulais travailler avec des plumes.
J’ai immédiatement pensé à un conte japonais que ma mère me racontait quand j’étais petite.
C’est l’histoire d’une grue qui tisse ses propres plumes pour remercier un paysan de l’avoir sauvée.

Je crois que ces objets sont devenus artistiques à partir du moment où quelqu’un est venu me demander pourquoi j’avais fait ça.

Les gens ont été étonnés de voir que j’étais capable de faire autre chose que des coussins, même s’il était encore question de tissu et de tissage.

Mais je ne renie pas pour autant mon travail de création d’objets plus utilitaires. C’est un plus.

Ce qui est le plus agréable dans ce que je fais est d’avoir les moyens de réaliser mes idées, ça ne serait pas le cas dans mon pays d’origine.

Le plus difficile est de croire qu’on est capable de faire des choses. Ce sont souvent les autres qui m‘obligent à aller au bout de mes idées.

  • SADAF - création textile
  • SADAF - création textile
  • SADAF - création textile
  • SADAF - création textile
  • SADAF - création textile
  • SADAF - création textile
  • SADAF - création textile