L'oeil dans sa poche numéro 06
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

SANDRA SANSEVERINO

artiste peintre

CONTACT

mail : sanseverino2009@hotmail.com
site : http://www.sandrasanseverino.com
tel : 06 61 69 08 54

FORMATION

École des Beaux-arts de Buenos Aires
Cours de doctorat. Département de peinture.
Université de Barcelone

INFLUENCES

"

Rembrandt est pour moi le plus grand peintre, un de ceux qui ont réussi à transcender la matière.
Quand on regarde un portrait de Rembrandt, la lumière qui en émane flotte à l’extérieur du tableau.
J’aime beaucoup la peinture espagnole, Velazquez, Goya, Antonio Saura....

 

MON PARCOURS

"

Je fais de la peinture depuis que je suis petite.
Je voyais ma mère faire de grands dessins au fusain sur les murs.

J’ai étudié les Beaux-arts à Buenos Aires.
Puis, j’ai enseigné à mon tour.

J’avais alors une pratique très gestuelle que je n’aimais pas beaucoup.

J’ai eu besoin de changer ma façon de vivre.
Je suis partie dans la forêt, dans une cabane que j’ai construite, et j’ai cherché pendant trois ans une autre façon de peindre.

C’était très dur, je cherchais à faire quelque chose de nouveau et de plus calme, je ne voulais pas me retrouver dans ce que je faisais.

J’ai commencé à avoir une relation très forte avec la nature.

J’ai eu envie de peindre la présence des arbres, sans représenter leurs formes.

Pendant 8 ans, ma peinture s’est nourrie de cette recherche sur la verticalité et sur la structure de l’arbre.

 

"

Parallèlement à ma formation aux Beaux-arts, j’ai travaillé dans l’atelier d’un peintre. J’y ai beaucoup appris.

J’avais déjà réduit la palette au maximum pour la connaître.

Puis, à l’époque où je faisais le doctorat, j’ai eu la chance de suivre des cours de calligraphie japonaise qui m’ont appris à respirer et à travailler calmement, ce qui était à l’opposé de ma façon de faire.

En utilisant l’encre de chine, j’ai naturellement eu envie de peindre en noir.

La couleur noire appelle la concentration.

Pour sortir de cette gestualité qui revenait toujours dans mes travaux, j’ai expérimenté plusieurs voies.
J’ai travaillé à l’encre, sur du papier et sur des petits formats.
Je faisais des sortes d’électrocardiogrammes, comme une écriture du cœur.

J’ai aussi peint à l’encre sur des photos de nature sur lesquelles j’apparaissais en mouvement.
Je superposais à l’image objective de la forêt, cette image invisible qui n’a pas de forme et que je cherchais en peinture.

Cette façon de superposer deux images différentes venait de mon admiration pour le travail d’Arnulf Rainer.
J’aime sa capacité à obtenir des subtilités dans une image très forte.

 

ETAPES DE FABRICATION

"

Préparation de la peinture :

Je mélange des pigments et de l’eau pour obtenir une pâte.

Une fois que la pâte est souple, j’ajoute le liant qui peut être de l’huile ou un gel acrylique.

Il est indispensable de mélanger les pigments dans un liant, c’est ce qui leur permet d’exprimer leur potentiel en se transformant en matière peinture ; quelque chose de semblable à la relation entre le blé et le pain.

A chaque fois que j’ajoute du liant, je broie le mélange jusqu’à obtenir une crème.

Je mets de côté un échantillon de mon mélange pour observer ces qualités.

Je recommence à mélanger et broyer, si je veux une peinture moins épaisse.

Préparer soi-même le mélange permet de choisir les qualités de la peinture au plus près de nos besoins : plus ou moins épaisse, plus ou moins dense, plus ou moins brillante...

 

PRODUCTION

"

Je cherche à me surprendre par la peinture.
Je ne cherche pas à la dominer.

La peinture est une confrontation entre notre volonté et la réalité.

Parfois, on veut beaucoup et le résultat nous déçoit. Parfois, on arrive à ne rien vouloir et le travail se fait presque tout seul.

J’aime que ce soit la peinture qui m’apprenne quelque chose. Je n’ai rien à lui apprendre.

J’ai travaillé le blanc à une époque, je cherchais des subtilités dans cette couleur sans en ajouter d’autres, par des jeux de matières par exemple.

Mais, en revoyant mon tableau le lendemain, je ne voyais même pas mon travail, c’était angoissant !
Le blanc est froid, le blanc rejette l’énergie.

Le noir, c’est tout le contraire, il contient toutes les couleurs, il est empli de couleurs.

Notre attention trouve dans le noir plein de choses. En ce sens, on peut dire que le noir est une couleur de spiritualité.

Il existe une quantité incroyable de pigments noirs différents, tous d’origine minérale ou organique, noir de charbon, noir de fer, noir de vigne, noir de fumée...

 

"

En peignant, je pense à la composition, aux tensions, à la structure qui est comme le squelette de la peinture.

Mais, je ne sais jamais à l’avance à quoi la peinture va ressembler.

Quand j’ai commencé à être trop consciente du système de lignes que j’avais mis en place, les choses sont devenues plus compliquées.

Je ne pouvais plus m’empêcher de voir des relations fond/forme, ce qui ne m’intéresse pas. Alors, j’essaie aujourd’hui de travailler avec des superficies.

Je peignais en noir depuis quatre ans quand j’ai découvert le travail de Pierre Soulages.

Rencontrer une peinture noire qui ne soit pas gestuelle comme celles des expressionnistes américains mais calme et qui garde cette intensité et cette sincérité, a été très important.

Soulages est un maître pour moi ; j’ apprends mille choses de ses tableaux et de sa personne.

Je ne sais pas ce que je peux faire avec mon noir, mais je sais que chacun fait son chemin avec la peinture.

 

"

Chercher la nouveauté en peinture ne doit pas être compris comme un but ultime, mais comme l’expression de la vie elle-même.

Il n’y a qu’un seul monde et chacun le voit différemment : la nouveauté vient de notre capacité à être honnête avec ce que l’on fait.

Ce que les gens ressentent en voyant ma peinture ne me regarde pas.

C’est la liberté de l’art, chacun crée sa propre relation au tableau.

Je cherche l’abstraction parce que je ne veux pas faire sentir quelque chose de précis au spectateur.

Je ne fais pas des tableaux pour avoir un idéal esthétique, ni pour montrer la réussite de chocs visuels, ce qui relève davantage de la publicité.

Je fais des tableaux pour entrer dans un temps de contemplation.

Le plus agréable est de se sentir libre et vivante en faisant de la peinture.

Le plus contraignant est de réunir toutes les conditions pour rendre possible ce travail : trouver une galerie, faire des photos, acheter le matériel...

  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre
  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre
  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre
  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre
  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre
  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre
  • SANDRA SANSEVERINO - artiste peintre