L'oeil dans sa poche numéro 13
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

SARA DE GOUY

designer d’espace, plasticienne

CONTACT

http://www.saradegouy.com
degouysara@yahoo.fr

FORMATION

Diplôme supérieur d’Arts Appliqués, Design d’espace, La Martinière Terreaux, Lyon

INFLUENCES

Tout ce qui m’entoure directement, le travail des personnes avec qui je collabore, les livres, les expositions, les voyages, la danse contemporaine...

 

MON PARCOURS

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J’ai toujours voulu travailler dans l’espace. Se former dans une école d’Arts appliqués où il y a des designers graphiques, des stylistes, des designers d’espace et des designers "produit" permet d’entrecroiser les compétences et de créer des projets plus riches.

J’aime travailler l’espace, en particulier l’espace public parce que ça touche tout le monde. J’aime voir l’appropriation des espaces par les gens.

Après l’école, j’ai travaillé dans une agence d’architecture, "Yes architectes" à Saint-Étienne. J’ai pu me confronter à différentes échelles de projets, de la reconversion d’une friche industrielle à du logement collectif en passant par des projets d’espace public. J’avais aussi beaucoup de liberté de conception.

Puis, après deux ans, je me suis lancée en tant que designer d’espace – plasticienne indépendante.

En parallèle de mes études, j’ai toujours fait des petits projets annexes, par exemple l’ installation lumineuse Superbonux pendant la fête des lumières pour la galerie Tator à Lyon.

Tout projet est important. Les projets aux budgets serrés m’ont permis d’avoir des références et de me faire rebondir de projet en projet.

Mon métier est très divers, avec une alternance de périodes de conception et de périodes de chantier. Je gère plusieurs projets en même temps qui ne sont pas au même stade, de l’idée au détail.

 

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Quand on doit réaliser une idée, il y a toute une phase d’adaptation de la technique à cette idée. Le montage d’un projet peut être assez long, de quelques mois à plusieurs années.

Un projet commence toujours par un concept.

Si je réponds à un appel d’offre public, je rédige une note d’intention, où j’explique ce que j’imagine pour le projet donné. Si je suis pré-sélectionnée, je développe une idée à partir d’un cahier des charges.

Ensuite, il faut produire des outils pour communiquer l’idée, des croquis, des photomontages, une maquette et un texte qui synthétise l’idée.

Tous mes projets sont contextuels, je ne suis pas un designer d’objets qui crée une chaise qui peut aller n’importe où.

Je pars toujours d’un contexte précis qui peut être un contexte culturel, historique, spatial, lié à des usagers particuliers. Ce que je dessine pour un espace ne pourrait pas être transposé ailleurs.

Pour chaque projet, je commence par me rendre sur le lieu, j’essaie de communiquer avec les gens et de comprendre comment ils pratiquent cet espace. Je prends des photos,dessine, j’essaie de m’imprégner du lieu et de son histoire. Au début, je cherche un peu dans toutes les directions jusqu’à ce que mon intérêt accroche sur une idée, quelque chose qui manque...

 

PRODUCTION

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Le projet "Plonger dans les livres" est un projet de rénovation de la bibliothèque d’une école qui implique les usagers.

Avec l’architecte Yan Olivares, nous avons fait un travail de sensibilisation au design et à l’architecture. Des ateliers pédagogiques ont été menés avec les enfants de deux classes de primaire. Le cahier des charges du projet s’est donc monté avec les enfants qui ont fait des propositions.

Le projet n’est pas le reflet de ce qu’avaient proposé les enfants, ce qui aurait été impossible mais le projet n’aurait pas été le même si ces ateliers pédagogiques n’avaient pas existé.

Le volume était intéressant mais n’avait pas bougé depuis les années 70. Les enfants venaient chercher des livres mais ne restaient pas dans la bibliothèque. Il y avait un réel enjeu pour donner envie de lire.

L’idée principale est que l’espace ne soit pas le reflet d’une histoire en particulier mais un univers qui puisse être le support de toutes les histoires.

 

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Nous nous sommes rendu compte avec les enfants que l’on pouvait classer classer leurs livres préférés en trois groupes, les livres d’aventures , les livres imaginaires et les documentaires.

Ces catégories pouvaient nous servir à différencier les espaces, on ne lit pas ces différents livres dans les mêmes postures.

Tous les livres imaginaires sont dans un silo « pop-up » qui s’ouvre en générant un banc cadre qui permet de lire dans un endroit caché. Le documentaire est dans un espace plus classique avec des tables. Enfin, nous avons utilisé une mezzanine qui n’était plus accessible pour les histoires d’aventures qu’on peut lire par terre sur des coussins ou des méridiennes, comme dans une cabane perchée.

La couleur permet de différencier des espaces, de révéler des volumes avec peu de moyens.

J’aime que la couleur puisse être ressentie comme quelque chose de fort. Même sans être figuratif, on peut évoquer beaucoup de chose par la couleur.

La première chose que les enfants ont faite en découvrant le nouvel espace a été de monter dans la mezzanine, lieu qui leur était interdit avant.

Le rôle du designer d’espace est souvent de révéler ce qui existe déjà que cela soit en terme d’usage ou d’espace.

 

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Le projet "La Tête dans les Nuages" Avec la graphiste Nelly Reviriot est une installation éphémère créée pour le festival des architectures vives à Montpellier en 2008. Ce festival permet de faire redécouvrir l’architecture des cours intérieures des hôtels particuliers de la vieille ville à travers des projets contemporains.

Nous avons décidé de mettre en place une installation qui révèle la course du soleil grâce à différentes strates d’éléments. Des éléments suspendus comme des mobiles en plexiglas jaunes, des motifs géométriques bleus, et une troisième strate formée par un miroir d’eau qui ajoutaient d’autres reflets.

Par le jeu de l’aléatoire, des ombres vertes se projetaient, les motifs créaient parfois des rencontres amusantes comme un lapin qui se promène sur un nuage. Une poésie éphémère et surréaliste se construisait, les poissons pouvaient se retrouver en l’air...

Des bateaux en pliage posés sur la surface de l’eau permettaient au spectateur de pourvoir déformer le reflet et créer encore plus d’aléatoire et d’humour.

L’idée était de travailler avec le temps et de montrer qu’un lieu est toujours différent selon le moment de la journée.

Tous les lieux peuvent être intéressants, on répond à un appel d’offre parce que la commande elle-même est intéressante.

C’est parfois plus motivant d’intervenir sur une architecture difficile mais qui a une histoire et que les gens se sont réappropriée, que sur un bâtiment qui vient de sortir de terre.

 

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Le projet "Mirages", en collaboration avec le concepteur lumière Victor Vieillard, était un échange entre un artiste finnois qui intervenait pour la fête des lumières à Lyon et des artistes français qui se rendaient à Helsinki pour une fête des lumières.

Pour une fois, nous avons du concevoir l’intervention à distance, d’après photos. Les photos du lieu où nous devions intervenir ne nous parlaient pas tellement.

La seule chose qui nous marquait était la présence des réverbères sur une grande place un peu déserte.

Nous avons décidé de travailler sur cette présence des réverbères. L’idée était de projeter une ombre de lumière qui n’a rien à voir avec l’objet en lui-même pour amener le passant à questionner son quotidien.

L’installation consistait en des microvidéos de 15 secondes qui représentaient un cactus qui pousse, une horloge qui s’affole et indique le nord, etc... Nous voulions apporter un côté humoristique inspiré de l’univers de la BD.

Les gens passaient, ils cherchaient d’où venait la projection, et, du coup, ils regardaient plus attentivement le mobilier urbain, le lieu qui les entoure...

Une intervention dans l’espace public fonctionne quand les gens s’arrêtent, qu’ils s’approprient l’installation ou s’interrogent sur leur espace quotidien.

  • SARA DE GOUY - designer d’espace, plasticienne
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