L'oeil dans sa poche numéro 05
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

SERGE PRUD’HOMME dit DELOUPY

dessinateur/éditeur

CONTACT

tél. 04 77 25 24 11
site : www.jarjille.net
http://jarjille.canalblog.com

FORMATION

École Régionale des Beaux-Arts d’Angoulême.

INFLUENCES

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J’ai beaucoup aimé Tintin quand j’étais petit comme beaucoup de dessinateurs, mais, en ce moment, je suis attiré par des univers et des dessins assez sombres comme ceux de Stéphane Blanquet, Thomas Ott, Charles Burns, Jason, Gus Boffa, Emmanuelle Houdart...
Autant d’univers assez éloignés du mien.

 

MON PARCOURS

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J’ai eu envie de faire du dessin dès la seconde.
J’ai fait un Bac A3“arts plastiques”, qui m’a permis de découvrir l’art, d’aller dans les musées pour la première fois de ma vie.

Puis, je me suis inscrit à l’école des Beaux-arts de Saint-Étienne.
L’enseignement ne répondait pas vraiment à mes attentes de dessin technique.

J’ai interrompu mes études pour aller en Hollande. A mon retour, un ami m’a parlé de l’école des Beaux-arts d’Angoulême, spécialisée dans la bande dessinée, c’était une section de 15 personnes.

J’ai présenté les dessins que j’avais faits pendant un an en Hollande et je suis entré aux Beaux-arts d’Angoulême.

Ces trois années ont été formidables, même si ce que j’ai appris était encore insuffisant. J’aurais eu envie, en sortant de cette école, d’aller vers un enseignement encore plus proche des arts appliqués.

Être entouré de gens qui faisaient la même chose que moi a été très important. Ils m’ont fait découvrir des auteurs, d’autres manières de faire de la bande dessinée.

Mon diplôme avec mention à Angoulême n’ouvrait pas forcément les portes des éditeurs. Alors, il a fallu trouver un moyen de gagner sa vie.

 

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J’ai fait le tour des agences de communication à Saint-Étienne avec mon dossier sous le bras, et j’ai tout de suite eu du travail.

J’ai fait de l’illustration tout le temps pendant 5 ans : les week-end, les soirs, avec des contraintes et des délais incroyables... Je n’ai pas refusé une seule commande en 5 ans.

C’est à ce moment là que j’ai vraiment appris mon travail : dessiner, même quand on n’en a pas envie.
Je me suis mis à dessiner dans des styles très différents, du plus réaliste au plus rapide, gestuel.

Répondre à des commandes était le moyen de montrer mon travail. Si on veut travailler dans son coin toute sa vie en tant que créateur, c’est possible aussi.

Les commandes étaient souvent très directives, très précises au niveau de la représentation, des techniques et du format.
Il n’y avait rien à raconter.

Sur 50 commandes, il y en avait 5 que j’aurais pu faire de moi-même, 10 où je m’étais bien amusé, et les autres qui étaient vraiment forcées.

Puis, j’ai eu des enfants, j’ai eu envie de faire des choses qui restent. Comme des livres...

Je me suis remis à faire de la BD sérieusement. Depuis 2002, je travaille essentiellement en illustration jeunesse et en BD, et je fais ponctuellement quelques grosses commandes de publicité.

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Le travail pour une BD de fiction comme “Faussaires” est très lent.

Nous écrivons le scénario à deux, avec Alep, nous faisons le découpage de l’histoire.
Ensuite, je fais des recherches de décors, de personnages sur mes carnets de croquis. Alep écrit les dialogues. Je réalise le dessin final et nous faisons les couleurs à deux.

Je travaille aussi sur la suite de mon récit autobiographique, “Avec des frites ?”, publié sur le blog des éditions Jarjille.
C’est d’abord un travail de notations. Parfois, j’arrive à réaliser les pages d’un seul coup, parfois je dessine et je prends des notes.

Quand on raconte des souvenirs personnels, c’est souvent plus difficile : les souvenirs viennent au fur et à mesure de l’écriture. Je ne sais pas toujours où vas m’emmener un sujet.

Je scanne les morceaux de dessins qui m’intéressent, je les mets en page sur ordinateur, j’ajoute les textes, j’imprime la page et je re-crayonne dessus, je “fais les gris” avec l’ordinateur. Je travaille au pinceau sur du calque pour aller plus vite.

J’aime le côté très spontané du blog, la rapidité d’exécution entre l’embryon d’une idée et publication. Raconter et lire des souvenirs personnels en BD est très plaisant.

 

PRODUCTION

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Je travaille en ce moment sur l’illustration de la série “Les détectives du temps”, aux éditions Bayard, qui raconte les histoires de trois enfants qui voyagent dans le temps pour résoudre des énigmes historiques.

On m’indique parfois où mettre les illustrations dans le texte, mais j’ai une grande liberté de représentation.

C’est très amusant à faire même si c’est un travail de commande. J’arrive à expérimenter des choses dans ce genre de projets.

Pour les couvertures je me suis imposé la contrainte de représenter à chaque fois les trois enfants.
Je voulais aussi qu’il y ait une dominante colorée.

Le livre imprimé modifie parfois la perception que l’on a de son propre dessin.

Je me suis familiarisé avec le vocabulaire de l’édition au fur et à mesure. Un petit dessin en début de chapitre s’appelle un « cul de lampe ».

Chaque collaboration avec des éditeurs a ses avantages.

Faire un livre est toujours un risque, on s’expose, d’autant plus quand le projet est autobiographique.

 

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Je ne veux surtout pas que mon dessin se sclérose, qu’il devienne un dessin de tics.

Je dessine régulièrement dans mes carnets pour voir les limites de mon dessin, pour me poser des questions : comment rendre lisible ce que je vois.

Le dessin permet de s’approprier le monde, d’apprendre à le connaître.
Il y a quelque chose d’étonnant dans le fait de représenter les choses en dessin et que les gens les reconnaissent.

J’aime essayer des choses différentes : j’ai écrit des textes pour des enfants, sans les illustrer, je termine un album en collage...

L’ éditeur “L’atelier du poisson soluble” va publier des collages que je faisais pendant mes années à Angoulême, avec d’autres plus récents.
Le livre sera une sorte de traité de zoologie, sous forme de collages à partir de catalogues d’outils de bricolage.

Nous inventeront pour ces animaux de vrais comportements. Comme c’est un projet qui a plus de 15 ans, les objets de catalogue qui composent les animaux ne sont pas les mêmes entre les premiers et les derniers, ce qui va créer plusieurs “générations” d’animaux.

J’ai pris le pseudonyme de Deloupy pour la BD pour différencier mes activités d’auteur pour la jeunesse et pour les adultes, ou peut-être pour avoir une double vie comme les super héros !

 

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La création des éditions Jarjille est née du désir de maîtriser toute les étapes d’un projet, de la création à la présentation du livre chez les libraires.

Nous sommes trois fondateurs (Michel Jacquet, Alain Brechbuhl) et nous avons choisi un statut associatif avec raison commerciale. Il n’y a pas de salariés, tous les bénéfices repartent sur des projets de livres. C’est un engagement militant.

Au début, nous avons publié nos livres car c’était difficile de demander à d’autres personnes de prendre des risques avec nous.
Petit à petit, d’autres personnes nous rejoignent, comme Gaëlle Boissonnard, Jacques Prud’homme, Wiebke Petersen... Le lien entre tous les projets édités par Jarjille est le travail sur la relation texte et image.

Nous avons choisi de ne pas avoir de diffuseur.
Nous trouvons anormal que 60% du prix d’un livre soit pour le diffuseur, nous préférons donner 40% du prix au libraire et 10% aux auteurs. Ce sont vraiment les deux extrémités de la chaîne du livre qu’il faut aider. Nous avons envie de donner la possibilité à des gens de faire réellement le livre qu’ils ont envie de faire, sans les diriger.

Ce qui est le plus agréable dans mon travail est de pouvoir gérer son temps et son énergie, d’avoir le choix du travail qu’on accepte de faire ou pas.

Ce qui est contraignant est le contexte économique qui n’est pas favorable aux professions artistiques indépendantes.

  • SERGE PRUD’HOMME dit DELOUPY - dessinateur/éditeur
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