L'oeil dans sa poche numéro 09
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

SEVERIN MILLET

auteur illustrateur

CONTACT

ATELIER 29
29 rue du Mail
69004 LYON
06 63 45 98 13
04 26 72 39 38
http://www.severinmillet.com
http://severinmillet.blogspot.com/

FORMATION

École des Arts Décoratifs de Strasbourg

INFLUENCES

Il y a plein de gens qui, inévitablement, m’ont influencé...
Magritte m’a beaucoup touché quand j’étais plus jeune. Sa façon de détourner la réalité, de donner à penser par les images a été très importante.

Si je devais en choisir cinq, je dirais Magritte, Saul Steinberg, Calder, Tomi Ungerer, Roman Cieslewicz

 

MON PARCOURS

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J’ai l’impression d’avoir l’envie et le désir de faire des images depuis mon enfance.
Tous les jours j’y pense, j’ai envie de dessiner.

J’ai fait une section arts appliqués au lycée puis l’École des Arts Décoratif de Strasbourg. L’avantage de cette école est qu’elle propose différentes sections qui permettent de toucher un peu à tout et de rencontrer des personnes aux univers très différents.

J’ai suivi la section communication parce que j’étais intéressé par le graphisme et la typographie. Mais, en sortant de l’école, je n’ai pas eu envie de travailler dans une agence de graphisme.

Pendant deux ans, je n’ai fait que dessiner, j’ai fait des images dans le but de les exposer

Après quelques expositions, j’ai été un peu déçu par les relations avec les galeries et je me suis rendu compte que je ne gagnais pas ma vie avec ce que je faisais. Je n’avais pas non plus envie de faire des images juste pour qu’elles se vendent.

Je suis parti à Marseille où j’ai rencontré d’anciens élèves des Arts Décoratif de Strasbourg qui étaient illustrateurs. Nous avons pris un atelier ensemble.

Ils m’ont proposé de faire des illustrations pour la presse. C’était un bon compromis, une manière concrète de gagner ma vie tout en continuant le dessin.

 

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Je me suis remis devant un ordinateur et j’ai commencé à dessiner avec Illustrator. Ce logiciel de dessin vectoriel se rapproche beaucoup du papier découpé sauf qu’il permet de réduire, d’agrandir et d’assembler les images avec plus de souplesse.

Ces images surprenaient tout le monde. Avec ce travail, je sentais que j’arrivais à mettre en scène des images qui me plaisaient vraiment et qui me représentaient.

J’ai démarché les directeurs artistiques de la presse.

C’était un peu dur au début. On me disait que ce que je faisais était bien, mais ça ne débouchait sur rien.

Et puis, un jour, le directeur artistique du Monde m’a commandé quatre dessins. J’avais 48 h pour les faire.

Après cette première publication, j’ai assez rapidement travaillé pour Télérama, Libération...
De fil en aiguille, j’ai fait ma place.

Je suis très reconnaissant envers ce directeur artistique qui m’a fait confiance alors que je n’avais rien publié.
Il avait vu mon travail sur mon premier site Internet et il l’avait trouvé très cohérent.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Je fais du papier découpé depuis trois semaines pour rechercher de nouvelle forme, j’avais l’impression de tourner un peu en rond sur l’ordinateur.

Découper du papier à la main est très agréable. En changeant d’outil, on a d’autres contraintes, on appréhende les choses différemment, ce qui est souvent le départ de nouvelles idées.

Je fais des formes sans trop savoir ce que ça va donner et je m’amuse à les positionner.

Il y a un moment où il faut s’arrêter. Le tout est de trouver ce moment.

Les plus réussis sont souvent ceux qui ont le moins d’éléments.

 

PRODUCTION

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Je suis constamment en train de chercher des choses, pour moi, pour la presse ou pour l’édition jeunesse, mais cette recherche est un tout.

J’ai besoin de me faire plaisir et de me surprendre en faisant des images qui vont me toucher

C’est d’ailleurs de plus en plus dur de se surprendre, on devient plus exigeant.

J’ai la possibilité dans cet atelier de laisser les choses en plan, de revenir, et, petit à petit, l’atelier représente vraiment ce qu’il y a dans ma tête.

Concevoir le dessin comme un langage est très important dans mon travail.

J’assemble les images comme on peut assembler les mots. Nous utilisons tous les jeux de mots, je fais des jeux d’images...

Avec Illustrator, je me suis créé une banque d’images constituée par mes dessins, que j’appel mon vocabulaire. Certains assemblages entre les images créent une sorte de magie poétique, absurde, humoristique.

Prendre et déplacer les images dans Illustrator ressemble beaucoup à la manière de jouer des enfants.
Parfois il se passe quelque chose, parfois ça ne marche pas.

 

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Je n’ai pas l’idée de l’image avant de la faire, quelque soit la destination de l’image.
L’idée vient en faisant, en allant piocher mon vocabulaire, et en faisant des essais.

Les choses avancent de cette manière, cahin-caha, je provoque des rencontres insolites.

Mon premier livre est né presque par hasard.
J’avais mis sur mon site une suite d’images avec un personnage à tête de zèbre.

Thierry Groensteen, éditeur des Editions de l’An 2, m’a contacté pour en faire un livre.

Chaque image est autonome, c’est un livre sans texte, mais ou chaque dessin est une histoire. C’est un livre qui n’était pas destiné spécialement à la jeunesse mais qui m’a fait participer à de nombreux salons du livre jeunesse.

Je me suis rendu compte qu’il y avait un espace d’expression pour moi dans l’édition jeunesse. Le livre pour enfant me permettait de faire des choses créatives et de raconter des histoires à ma façon.

Mais je n’avais aucune culture du livre pour enfant, ce n’était pas une vocation.

L’impression du livre est pour moi très important, particulièrement le choix du papier.

 

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Mon premier projet de livre est un peu le point zéro de mon travail. C’est un travail que j’aime encore et vers lequel je reviens régulièrement.

Il représente bien ce que je cherche, quelque chose de direct et de spontané, sans effets.

Le principe du livre est le même que la chanson " trois p’tits chats, chapeau d’paille, paillasson " : chaque image reprend un élément de l’image précédente.

Le livre s’appelle "Vent" : un coup de vent et ça démarre.

Mes images sont faites un peu comme les photomontages des surréalistes, mais à partir de dessins. C’est une sorte de "dessin-montage".

En illustration jeunesse, je favorise les livres d’auteurs, je n’accepte pas la commande si le texte ne me convient pas.

L’édition jeunesse m’intéresse de plus en plus et j’essaie de plus en plus de faire des livres pour les enfants, ce qui ne m’empêche pas de leur proposer des images décalées. J’aime quand le sens reste un peu en suspens, quand l’image n’est pas trop efficace ou trop directive.

J’espère ne pas faire d’images élitistes, il me semble que tout le monde peut donner un sens à ce qu’il voit, j’ai envie de « stimuler » la sensibilité des gens.

  • SEVERIN MILLET - auteur illustrateur
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