L'oeil dans sa poche numéro 12
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

SOPHIE CHOLLET

plasticienne

CONTACT

cholletsophie@gmail.com

FORMATION

École des Beaux-Arts de Saint-Étienne

INFLUENCES

J’écoute énormément de musique.

Je suis influencée par l’art brut et part d’autres artistes comme Filonof, un peintre russe qui a créé des espaces très denses ou Flexner, un artiste qui a "dessiné" entre autre avec des des bulles de savon et encre de chine qui éclatent sur la feuille.

 

MON PARCOURS

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A l’école des Beaux-arts, je me suis tout de suite intéressée au dessin ; je faisais des figures qui envahissaient la surface de la feuille.

Petit à petit, j’ai laissé les figures de côté pour m’intéresser à l’idée de propagation, à la façon dont j’envahissais mes supports.

Mon travail est devenu une recherche sur le motif et sa répétition.

Mes premiers travaux avec une répétition de motifs remplissaient complètement l’espace, à la manière des artistes de l’art brut qui m’ont influencés.

Puis, j’ai voulu prendre des distances avec cette référence et me positionner en tant qu’artiste qui a aussi d’autres connaissances.

Je ne projette pas du tout d’images sur ce que je fais, il s’agit davantage d’improvisation.

Je joue avec les surfaces blanches du papier et les surfaces pleines. Les formes peuvent s’éparpiller ou être agglomérées.

Le blanc du papier acquiert différentes valeurs : le blanc peut être le blanc du "fond", il peut devenir une forme. Il y a aussi du blanc à l’intérieur de chaque motif.

 

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Mon terrain de jeu est un questionnement sur le dessin.

J’avais fait un carnet où le motif se propageait de pages en pages. Le motif de la page précédente s’imprimait par empreinte sur la page suivante. Je n’étais pas en contact direct avec le dessin, c’est en tournant la page que je le découvrais.

Je dessine très près de la feuille, je commence à un endroit, puis je m’arrête, je prends du recul et je regarde ce que j’ai fait.

Le travail consiste autant à dessiner les motifs qu’à observer pendant longtemps pour savoir dans quelle direction je vais partir.

La moitié du travail se fait en regardant, en réfléchissant au choix des couleurs, c’est un travail lent et quotidien.

La référence au tissu m’intéresse par rapport à l’idée de machine à tisser.

La dimension mécanique de mon travail m’intéresse parce qu’elle provoque un paradoxe : le fait de faire tout le temps le même geste crée malgré tout des formes organiques.

J’aime bien articuler des formes organiques et d’autres plus mécaniques ou géométriques.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Je cherche une palette de textures de couleurs plus grande. Cette recherche m’amène à changer d’outil.

J’avais fait une série au crayon de couleur et une autre au feutre. En ce moment, je travaille à la plume que je trempe dans de l’acrylique diluée, je peux faire toutes les couleurs que je veux.

Avec la plume, je perds du contrôle sur le tracé, le tracé est irrégulier en fonction de la charge de peinture sur la plume et en fonction de la dilution, il peut y avoir des taches...

Cette technique introduit encore une plus d’"organique" dans le travail , ça devient un vrai laboratoire !

J’observe les traits plus épais, plus fins, je peux aussi utiliser des plumes plus ou moins épaisses.

L’outil a tellement d’impact sur le dessin que le fait d’en utiliser d’autres m’engage sur d’autres recherches.

Pour ce dessin, j’ai commencé par former une boule. Ensuite, ça va se répartir ailleurs.

J’ai envie de voir comment l’acrylique va se superposer.

 

PRODUCTION

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Je suis très intéressée par les superpositions de couleurs, la première couche du motif disparait sous la seconde.

Il y a une vibration des couleurs entre elles qui donne un aspect pictural à mes dessins.

Le motif a toujours la même taille et je voulais voir ce que ça donnerait sur un grand format.

Faire de grands formats me permet d’être dans une recherche ; si je restais en petit, j’aurais l’impression de refaire ce que je sais faire.

Il y a une dimension vertigineuse dans ce contraste entre un petit motif et une grande surface.

En fonction de la direction que prend le motif, des textures différentes apparaissent.

Je cherche des ambiguïtés entre les effets de tache et de mouvement qui apparaissent dans le dessin alors qu’il n’y en a pas dans mon geste.

 

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Le mouvement est crée non pas par le geste, mais par l’accumulation et par la manière dont je dispose la cellule, comme on peut le voir sur les détails ci- contre.

Je pense aussi à utiliser, pourquoi pas, la sérigraphie, ou l’usage d’un tampon. Les techniques dites d’impression m’interpellent surtout en pensant à la manière dont je pourrais les détourner.

Ce qui m’intéresserais avec la sérigraphie serait de mélanger des parties sérigraphiées et des parties faites à la main de manière à ce qu’on ne les distinguent plus.

J’aime bien articuler des formes organiques et d’autres plus mécaniques ou géométriques.

Je trouve qu’on ne voit jamais assez de dessin dans les musées.

C’était un outil très technique au départ, considéré comme un outil d’étude, Le dessin en tant qu’œuvre est une conception très récente.

Le retour des regardeurs est très important pour faire évoluer son travail, c’est ce qui manque le plus quand on sort de l’école, ce dialogue nourrissant entre les enseignants et les étudiants...

 

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Je travaille en musique, le Gamelan of Bali , une musique ancestrale faite en Indonésie.

C’est une musique qui est toujours jouée à plusieurs, c’est une accumulation de sons qui ressemble à de la musique contemporaine, c’est l’ensemble du groupe qui est considéré comme l’instrument.

J’écoute aussi The residents, un groupe de musiciens qui a fait des prises de sons des chants Inuits et des ambiances sonores. Ils ont travaillé sur cette manière sonore brute.

Je regarde aussi beaucoup les partitions electroacousmatiques, la réflexion sur la note, comme son, mais aussi comme élément graphique d’une phrase musicale, appuie souvent et soutient mon travail en dessin.

Le rapport de la note à l’ensemble de l’œuvre sonore, la manière dont elles peuvent être cumulées ou dispersées dans un morceau, tout ça a beaucoup d’influence sur mon dessin.

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