L'oeil dans sa poche numéro 09
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

TOM HENNI

graphiste et illustrateur

CONTACT

ATELIER 29
29 rue du Mail
69004 LYON
06 63 45 98 13
04 26 72 39 38
http://www.tomhenni.fr

FORMATION

École des Arts Décoratifs de Strasbourg

INFLUENCES

Les influences intéressantes sont celles que l’on va chercher dans d’autres domaines : je préfère me demander comment un musicien a composé sa musique plutôt que regarder comment un illustrateur fait ses "nez".

Ce n’est pas la forme qui m’influence le plus. Je suis souvent plus marqué par des discussions ou par des manières de penser que par des manières de faire.
Je regarde de plus en plus de choses qui appartiennent au passé en me disant que ce qui a tenu dans le temps est une matière dont on peut s’inspirer.

 

MON PARCOURS

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Après un bac "Arts Appliqués" et un BTS "communication visuelle", j’ai suivi pendant deux ans la section graphisme de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Je ne me sentais pas assez libre en graphisme, un problème d’entente avec l’équipe pédagogique. Je suis parti en section illustration avec l’idée de prouver le plus rapidement possible que j’étais aussi capable de passer le diplôme dans cette section.

J’ai "grandi graphiquement" avec Emmanuel Romeuf, un ami rencontré en BTS à Lyon et qui a suivi ensuite la section illustration à Strasbourg. Notre intérêt pour le travail de l’autre nous a en quelque sorte permis de suivre un double cursus.

L’élaboration d’un style est nécessaire pour un illustrateur. C’est pour son style que l’on va faire appel à lui, alors qu’un graphiste est censé donner une identité différente à chaque projet.

Je me vois plus comme quelqu’un qui n’a pas forcément un style défini. Même si tout le monde me dit que j’en ai un, je n’arrive pas à le voir.

J’essaie en tout cas de ne pas rester dans un processus précis et d’expérimenter des choses nouvelles à chaque fois.

Mon style consisterait finalement à chercher un nouveau processus pour chaque projet.

 

ÉTAPES DE TRAVAIL

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Les organisateurs du Festival d’Improvisation de Lyon m’ont demandé de réaliser leur campagne de communication. Ils avaient prévus 100 affiches d’abri bus. Je leur ai proposé de faire 100 affiches improvisées. L’idée leur a plu.

J’avais déjà participé aux performances les années précédentes en faisant des dessins sur scène et en réalisant une scénographie en une heure, d’après des mots donnés par le public.
Nous commençons à nouer une réflexion ensemble sur ce qu’un plasticien ou un dessinateur peut apporter à l’improvisation.

Le festival est en octobre prochain, je suis en train de mettre en place un système pour que je puisse faire une affiche en une demi-heure chaque matin. Je m’entraine, j’apprends à écrire avec un pinceau, ce que je ne savais pas faire !

J’ai peur de m’ennuyer si je fais toujours la même chose.
J’ai la curiosité d’essayer des techniques nouvelles. Je me rends compte de l’étendue des choses qui me restent à apprendre dans ce qu’on a déjà découvert.

Je fais des croquis qui me permettent de tester les différents éléments du système, de déterminer la position des invariants, de voir quels éléments plastiques je peux utiliser. C’est un peu "la recette graphique" du projet : du trait noir, quelques petits éléments dessinés, un rond vert qui symbolise la grenouille, emblème du festival.

 

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L’idée de ces affiches consiste à raconter les aventures de la grenouille. Je positionne ce "motif-grenouille" dans différents contextes : elle est papillon, ou boucle d’oreille, ou glace etc...

La grenouille devait avoir une forme simple pour pouvoir jouer ces différents rôles. Elle sera toujours de la même taille sur toutes les affiches.

Une affiche est belle quand elle fonctionne visuellement, c’est-à-dire quand le texte et l’image sont lisibles et que le regard circule comme prévu.

Mes premiers croquis étaient bicolores, mais je pensais que cette esthétique un peu dure ne correspondait pas à l’image plus bariolée du festival. Je suis allé vers un système de couleurs primaires.Un clin d’oeil à l’imprimerie, que je mets de côté pour une fois !

Dans la recherche, j’essaie de développer le plus possible le dessin comme support de dialogue.

Quand on discute avec un client autour d’un croquis plutôt qu’autour d’un rendu informatique qui donne l’illusion de voir le résultat final, on s’attarde avant tout sur les idées.

Je mets le client dans la position d’imaginer à quoi le projet pourra ressembler.

Mais, j’ai aussi besoin de comprendre ce qui lui plait ou pas.
Il faut que le projet lui ressemble.

 

PRODUCTION

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Chaque commande commence par une recherche d’idées. Avant de produire une forme, j’ai un message à faire passer : ce qui compte, c’est comment, au delà du détail, je mets en place un dispositif visuel pour que le message passe.

Quand j’ai fait trop de projets sur l’ordinateur, je sens que mon dessin est un peu raide. Continuer à dessiner est essentiel.

Je me suis longtemps posé la question de savoir si j’étais graphiste ou illustrateur. Je ne suis ni un mélange des deux, ni au milieu. Je suis en équilibre entre les deux, comme un vélo qui penche d’un côté et de l’autre pour avancer.

Aller voir tantôt d’un côté, tantôt de l’autre m’intéresse. C’est un déséquilibre qui me permet de rester droit.

Le texte et l’image sont des manières à la fois complémentaires et opposées de dire les choses.

Ce qui est le plus agréable est d’avoir des contraintes. Et finalement, ce qui est le plus contraignant est de travailler sans contraintes et de faire avancer des projets en tant qu’auteur.

Plus je me fixe des règles et plus je définis des cadres, plus la solution apparait comme évidente.
Être créatif consiste à résoudre des problèmes. Et des fois, à les poser, puis à les résoudre.

 

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Pour les brochures des Gîtes de France, Emilie Chéron, Emmanuel Romeuf et moi sommes partis de l’analyse des plaquettes existantes. Nous nous sommes demandé pourquoi elles ne nous plaisaient pas.

Nous nous sommes rendu compte que la photographie était utilisée de deux manières : d’une part, certaines permettait de montrer les lieux réels (photographies à valeur documentaire), d’autre part, elles servaient à raconter une "idée des vacances".

Cette dernière catégories de photographies ne nous convenaient pas du tout, nous n’arrivions pas à nous projeter dans les personnes représentées sur les photos : il faut s’imaginer la famille courant sur la plage en se tenant par la main, et tous les clichés du genre... Qui a envie qu’on lui dise comment doivent être ses vacances ?

Nous avons donc supprimé toutes les photos qui servaient à raconter les vacances pour ne garder que les photos documentaires. Pour raconter les vacances, nous avons mis en place un dispositif d’images qui présentaient les thématiques des vacances, le bon air, la mer, la vie en groupe etc....

Nous avons eu envie d’utiliser ces thématiques comme prétexte pour faire des vieilles affiches à la française. Nous avons délibérément choisi cette esthétique qui nous plait et qui correspond bien à l’univers des Gîtes de France.

On n’est pas obligé de représenter des humains pour symboliser les vacances, on peut les raconter autrement avec des signes que chacun peut s’approprier.

 

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J’ai un argument en faveur du dessin : c’est plus facile de faire raconter quelque chose à un dessin qu’à une photographie. A partir d’un dessin de chaussure, on voit la chaussure que l’on veut, c’est un signe, ce n’est pas réel.

C’est plus difficile pour une photographie d’acquérir cette valeur de signe parce que la photographie donne l’illusion de voir la réalité. Avec la photographie, on nous dit "c’est comme ça" alors que le dessin est un langage que chacun peut s’approprier.

L’illustration, en étant plus générale, peut raconter plein de choses à chacun en particulier.

J’avais réalisé un projet de livre pour enfant en sérigraphie pendant mes études qui va être édité prochainement par les éditions du Rouergue, après plusieurs modifications.

J’ai choisi les trois couleurs de l’imprimerie offset traditionnelle (cyan, magenta et jaune, sans le noir)pour que ce projet puisse être réalisé soit en sérigraphie de manière artisanale soit en plus grand tirages. J’ai dessiné chaque calque sans voir les couleurs.

C’est l’histoire d’un homme canon qui fait son numéro, mais, au lieu d’atterrir dans un filet comme Monsieur Loyal nous l’annonce, il continue de monter dans le ciel et il fait le tour du monde avant d’atterrir dans le filet.

L’histoire est un numéro de cirque jusqu’au bout. J’aimerais que l’enfant croie l’histoire pendant les premières lectures et, qu’ au bout d’un moment seulement, il découvre le "truc" du numéro.

  • TOM HENNI - graphiste et illustrateur
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