L'oeil dans sa poche numéro 04
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

WIEBKE PETERSEN

illustratrice

CONTACT

tél. 06 28 04 70 79
mail : wiebkepetersen@free.fr
site : wiebke.petersen.over-blog.com

FORMATION

Fachhochschule Aachen, section “Grafik Design”, Aix-la-chapelle (Allemagne), Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne

INFLUENCES

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Je regarde assez peu les travaux des autres, je n’essaie pas de dessiner comme un tel. Mes vraies influences viennent plutôt de ce qui m’entoure : mes enfants, l’univers d’un livre ou d’un film. Puis, il y a des rencontres qui laissent des traces...

 

MON PARCOURS

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J’ai d’abord cherché à travailler pour des magazines féminins en Allemagne. J’ai rencontré des directeurs artistiques et l’un d’entre eux m’a conseillée de prendre un agent.
C’est ce que je fit ! Mais il ne m’a pas tout de suite trouvé des commandes.

J’ai donc commencé à travailler comme graphiste pour une petite entreprise en France, mais ça ne me convenait pas. C’était déprimant ; je n’avais plus le temps de dessiner, ni la force, d’ailleurs. Je n’aime pas faire les choses à moitié. J’ai donc profité de la fin de mon contrat dans cette agence pour me lancer.

J’ai illustré un album jeunesse pour les éditions Nord Sud en Suisse. C’était mon premier « gros boulot » !
Quand on travaille pour une grande maison d’édition, on n’a pas beaucoup de liberté. Il a fallut faire beaucoup de compromis, à tel point que je ne reconnaissais plus mes dessins...
Le livre est sorti deux ans après et je n’avais pas envie de le montrer. Je n’étais pas du tout fière de mon travail.
Ensuite, j’ai beaucoup travaillé pour des agences de communication en France et en Allemagne.

Je pense qu’un travail est plus cohérent quand il est conçu de A à Z par la même personne.
Par exemple pour une affiche, j’aime faire l’illustration ET le graphisme.

 

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J’ ai toujours plus de projets que de temps, j’aimerais bien refaire un livre pour enfant à ma façon.

Récemment, il y a deux ans environ, un ami m’a conseillé la lecture du livre « Persépolis ».

La découverte des romans graphiques a vraiment été une révélation pour moi. Je pensais que la BD était réservée aux initiés ! Je n’y connaissais rien...
je n’y connais toujours pas grand chose, d’ailleurs ! Mais maintenant, j’adore raconter des histoires en plusieurs images.

J’ai été formée à raconter une histoire en une image. La BD me permet de faire autrement.

Mon dessin devient plus simple, je dessine plus vite, plus librement. Je ne suis pas obligée de faire un petit chef-d’oeuvre dans chaque case.

Le travail d’auteur est excitant.
Si je ne travaillais que sur commande, je ne serais pas entièrement satisfaite.

Il faut faire des choses pour soi, avoir des projets personnels, c’est notre bouffée d’oxygène.

Sur une commande il faut être rentable, ce n’est pas toujours un travail d’artiste.
Pour certaines commandes, on peut avoir 250 dessins à faire en cinq ou six semaines.
C’est un très bon exercice, on apprend à ne plus avoir peur. S’il faut dessiner une grue, il faut le faire et vite !

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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Pour cette commande de faire part, je fais d’abord valider un croquis.

Ensuite, je passe à la table lumineuse pour mettre le dessin au propre.

Je fais une première mise en couleur au crayon et ensuite je mélange avec de la peinture.

Puis je fais mon fond au rouleau et au pinceau.

Enfin, je scanne le fond et le dessin et j’assemble les deux.

 

PRODUCTION

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J’aime le papier, le toucher, le bruit que fait ma plume en dessinant.

Je n’éprouve pas du tout le même plaisir quand je travail directement sur l’ordinateur (à la tablette graphique).
Pour moi, l’ordinateur reste un outil. Il n’améliore pas le dessin. Un dessin se fait dans la tête.

Il y a des matières que je ne pourrais pas rendre avec l’ordinateur.
Quand j’ai dessiné « à sec » pendant un certain temps, ça me manque d’avoir de la peinture sur les doigts, c’est physique !
J’ai besoin du grincement de mes rouleaux quand je fais mes fonds, c’est un tout.

J’aime le mélange des techniques.
Pour mes illustrations sur toiles, je mélange peintures et impressions pour enrichir les fonds.

Ce qui m’éclate le plus est de dessiner des personnages, l’expression des visages et des corps.

Quand on regarde le travail d’un illustrateur, on aperçoit que les personnages ressemblent souvent à leur auteur.
Je dessine rarement des petites personnes rondes, pas parce que je n’aime pas, mais parce que ça ne m’est pas naturel.
J’ai tendance à dessiner de longs nez, j’habille souvent mes personnages comme je m’habille.

 

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Je peux avoir une image en tête à partir d’une phrase.

C’est pourquoi j’aime dialoguer avec la personne pour laquelle je réalise une commande.

C’est en écoutant les mots qu’elle utilise que je peux mieux comprendre ce qu’elle attend, ce qu’elle peut aimer, ce qu’elle aime dans mon travail. Il faut savoir le sentir.

Ce qui peut parfois être frustrant, c’est quand on n’arrive pas à convaincre le commanditaire sur certaines décisions.

Les histoires de mon blog sont autobiographiques et parfois un peu romancées afin que ce soit plus intéressant pour des personnes qui ne me connaissent pas.

Ce sont des petites anecdotes de la vie quotidienne. D’un côté, il faut faire attention à ce que ça ne devienne pas trop intime...
De l’autre côté, si on se met trop de limites (du style « Et si ma mamie lisait ça, qu’est-ce qu’elle penserait de moi ? ») ça perd tout son intérêt !

Je fais des croquis en ayant déjà en tête mon propos.
Ensuite, je note le texte, j’encre le dessin et je fais les gris.
Enfin, je scanne et je rajoute les textes sur l’ordinateur.

 

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Le travail du blog m’a décomplexée au niveau du dessin.
Dans l’illustration, il faut toujours que le dessin soit nickel. Alors qu’ici, le fait que les personnages ne soient pas toujours aussi bien dessinés d’une image à l’autre ne rend pas la narration moins forte.
Ce qui importe est ce que l’on raconte... Enfin, c’est ce qu’on m’a dit !

Au mois de mai, mes histoires sortent en livre aux éditions Jarjille.
J’aime l’idée de laisser des traces comme celles-ci, je pense que plus tard ce sera sympa pour mes enfants de voir comment nous avons vécu cette période, ce qui nous a travaillé, comment nous avons ressenti les choses.

Je suis beaucoup plus sensible aux choses de la « vraie » vie qu’aux scénarios de science fiction,je suis vraiment touchée par les récits personnels.

Le travail sur le blog est très différent du travail sur le livre, alors que la base (les histoires) est la même.
Un livre est plus réfléchi. Il faut penser à tout : l’ordre des histoires, la couverture, l’ensemble doit être cohérent sans perdre la spontanéité du blog.

Ce que j’aime dans le principe du blog, c’est que l’on peut communiquer presque en direct avec ses lecteurs.

C’est toujours gratifiant d’avoir des retours sur ce que l’on fait, ça fait plaisir de savoir, le soir même, qu’on a touché des gens.
D’ailleurs, je ne fais pas ce blog pour faire forcément rire.

  • WIEBKE PETERSEN - illustratrice
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