L'oeil dans sa poche numéro 04
Portraits de créateurs en Rhône-Alpes
Arts plastiques, Design, Photographie, Céramique, Illustrations, Graphismes,...
 

YANN YVINEC

créateur designeur

CONTACT

tél. 06 71 05 56 62
mail : yann.yvinec@gmail.com
site : http://yannyvinec.com

FORMATION

École Régionale des Beaux-Arts de Saint-Étienne.

INFLUENCES

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C’est un grand bazar qui mélange Giacometti aux images des X-men. J’aime surtout des sculpteurs comme Brancusi, l’épure de ses sculptures, sa démarche un peu “art total” : je passe toujours une demi-heure dans son atelier quand je vais à Paris.
J’aime aussi des artistes de L’Arte Povera comme Penone.
Je me sens plus influencé par le monde de l’art que par le design.

 

MON ATELIER

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Je me suis dirigé vers des études de design parce que le design fait la synthèse entre plusieurs domaines.

En design, on ne peut pas travailler replié sur sa création : j’ai rencontré une dentiste pour répondre à un concours de création de brosse à dent.
Le design mélange plusieurs champs de compétences. Le rôle du designer serait de regrouper ces compétences à travers une forme.

Je ne suis pas forcément passionné par un certain type de design, celui qui s’intéresse au style ou au signe.

Je ne vois pas l’intérêt de créer une énième chaise qui va être consommée en fonction du niveau social de l’acheteur.

Pour sortir de cette relation au style, je travaille la forme en lien direct avec la fonction primordiale de de l’objet. La fonction primordiale de l’objet, c’est le geste que fait le corps pour répondre à un besoin.

Pour moi, les objets viennent de leur utilisation. Une tasse est faite pour contenir un liquide.

La forme de la tasse pourrait être l’empreinte du geste primodial des mains pour contenir un liquide.

 

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Mon premier travail à partir du corps était un dessin plutôt humoristique d’un couteau avec des dents.

Ce dessin avait marqué les esprits, ce qui m’a encouragé à approfondir le rapport entre l’objet et les gestes du corps.

J’ai toujours été intéressé par l’anatomie et le fonctionnement du corps, mon année d’étude en biologie n’est certainement pas sans lien avec ce que je fais aujourd’hui.

J’aime l’idée de faire complètement corps avec l’objet, quand l’objet remplit le vide du corps.

J’ai plutôt tendance à considérer les objets comme des outils que comme des objets d’apparat.

Mon travail correspond vraiment au courant de pensée qui considère l’outil comme un prolongement du corps. J’aime le rapport primitiviste à l’objet.

J’aimerais que mon travail ne consiste pas à créer un objet de plus parmi la multitude des objets, mais qu’au contraire, le fait de m’inspirer de gestes primitifs donne à mes objets une dimension essentielle.

J’aimerais que mes objets nous ramène à notre condition d’êtres humains.

 

LES ÉTAPES DE FABRICATION

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On emballe les différentes parties du moule pour qu’il soit étanche.
On le pose pour qu’il soit à niveau.

On coule la faïence liquide dans le moule.

On laisse reposer quelques minutes pour que la faïence en contact avec le plâtre soit un peu absorbée.

On vide le surplus de faïence et on laisse sécher.

On démoule délicatement le soir ou le lendemain.

 

PRODUCTION

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Pour les tasses, j’ai moulé les mains d’une dizaine de personnes. Comme la céramique rétrécit en cuisant, les moulages de mains de filles donnaient des objets plus proches du dé à coudre que de la tasse !

Ce qui m’intéressait dans le moulage des mains étaient aussi la dimension unique de chaque moulage en parallèle avec la dimension unique de chaque être humain et de chaque geste.

J’aime faire des essais avec des matériaux différents, pour voir les différentes textures. Certains matériaux font davantage ressortir les détails à l’intérieur de la tasse par exemple.

Ce qui est intéressant c’est de se poser des questions face à l’objet ; il ne faut pas que l’objet soit trop bavard.

J’ai envie de décliner mon travail de création d’objets à partir d’empreintes du corps, j’avais des idées pour un sac et pour un fauteuil. J’ai plein d’idées que je ne peux pas encore réaliser faute de moyens.

Ça ne me dérange pas de faire un bel objet dans la mesure où il correspond à mon propos. Si les tasses sont belles, c’est peut-être parce qu’elles sont justes.

La beauté m’intéresse quand elle vient en plus d’une démarche intéressante.

 

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Je passe les trois-quarts de mon temps à dessiner, c’est peut-être aussi ce goût du dessin qui m’a amené vers le design plutôt que vers l’art.

En design, on peut encore revendiquer le fait d’aimer dessiner même si le dessin est utilitaire.

Le dessin sert à répondre à certaines questions : par exemple pour la tasse, il y a plusieurs possibilités pour l’ouverture : le dessin permet de visualiser ces possibilités.
Les dessins ne sont parfois que des illustrations d’objets existants mais j’ai besoin d’avoir les deux supports, le dessin et l’objet.

J’aime être dans la tangente entre design et art.

Pour l’exposition de la biennale off du design de Saint-Etienne, j’ai travaillé avec Patricia Boguet sur la déformation de pièces géométriques moulées.

Ce sont des déformations qui sont liées à la manipulation des pièces quand on les démoule ou quand on les ponce.
Il s’agit donc encore de la présence du corps dans l’objet.

La couleur n’est pas une question que je me pose pour l’instant, le sens de mon travail est davantage porté par la forme.

 

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La vocation de tout objet est le regard de l’autre, le regard critique.
Faire tout ça pour soi n’aurait pas d’intérêt.

Mon prototype de table est réalisé en deux parties : un moulage de mon corps assis en tailleur et un moulage du disque de la table. J’ai ensuite assemblé les deux.

J’ai réalisé cette table en plus grand, j’avais envie de voir ce que cette forme devenait, mais, finalement, le changement d’échelle m’éloigne de mon propos sur le corps.

Ce qui est le plus agréable c’est d’être libre, d’essayer de faire des choses qui ont du sens.

Le plus désagréable, en sortant de l’école, c’est d’être dans le flou.

On a envie d’avoir un bel objet à présenter à des galeries.

J’aimerais travailler comme designer pour une entreprise. L’idéal serait de pouvoir diffuser mes objets et de pouvoir en vivre.

Ce qui est intéressant dans ce travail, c’est qu’il ne finit jamais.
On en parle entre amis, ça peut devenir assez obsessionnel....

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